vie


Antiquité

Le terme « vie » (latin : vita ; grec : bios, zoè) désigne d’abord le principe vital, ce qui distingue les êtres vivants des choses inanimées. Chez les Grecs, la vie est à la fois biologique (zoè) et forme de vie particulière (bios : vie humaine, politique, morale). Pour Aristote, la vie est l’activité d’une âme (psychè) dans un corps organisé, et il distingue plusieurs formes de vie (végétative, sensitive, rationnelle).

  • Platon : La vie est le mouvement de l’âme, qui anime le corps et lui donne sa forme.
    "Ce qui se meut soi-même, voilà l’essence de la vie."
  • Aristote : Définit la vie comme la possession de l’âme, principe d’organisation et de finalité des êtres vivants.
    "La vie est l’acte de l’âme dans un corps organisé."
Usages et débats : Débats sur la nature du principe vital, sur la différence entre vie animale, végétale et humaine, sur le rapport entre corps et âme.
Changements de signification : La vie passe de principe mystérieux à objet d’une analyse biologique et philosophique.
Liens avec d'autres notions :
  • Âme : La vie est liée à la présence de l’âme (psychè) dans le vivant.
  • Organisation : La vie implique une organisation interne des parties du vivant.

Moyen Âge

La vie est conçue comme un don de Dieu, qui anime toute créature. On distingue la vie corporelle, la vie de l’âme, et la vie éternelle. La réflexion porte sur la hiérarchie des formes de vie et sur la valeur suprême de la vie spirituelle.

  • Saint Augustin : Distingue la vie corporelle, la vie de l’âme (raison, volonté) et la vie bienheureuse (union avec Dieu).
    "La vraie vie est celle de l’âme unie à Dieu."
  • Thomas d’Aquin : Hiérarchise les formes de vie : végétative, sensitive, intellective. La vie humaine culmine dans la vie de l’esprit.
    "La vie parfaite, c’est la contemplation de la vérité."
Usages et débats : Débats sur la nature de la vie éternelle, sur la hiérarchie des vies, sur la valeur de la vie terrestre par rapport à la vie spirituelle.
Changements de signification : La vie devient enjeu théologique, promesse d’immortalité.
Liens avec d'autres notions :
  • Âme : La vie de l’âme est supérieure à la vie corporelle.
  • Dieu : La vie trouve son origine et sa fin en Dieu.

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

La vie devient un objet de la science (biologie, médecine) et de la philosophie morale. On interroge ses lois, son origine, ses finalités. La vie humaine est aussi pensée sous l’angle de la liberté, de la dignité, du bonheur.

  • René Descartes : Réduit la vie animale à des mécanismes physiques ; la vie humaine se distingue par la pensée.
    "Je pense, donc je suis."
  • Jean-Jacques Rousseau : Affirme la bonté naturelle de la vie, la liberté et l’autonomie du vivant humain.
    "L’homme est né libre, et partout il est dans les fers."
Usages et débats : Débats sur la mécanisation du vivant, sur le rapport entre vie et conscience, sur la dignité de la vie humaine.
Changements de signification : La vie devient problème scientifique et enjeu moral.
Liens avec d'autres notions :
  • Corps : La vie biologique est analysée comme un ensemble de mécanismes.
  • Liberté : La vie humaine est pensée sous l’angle de la liberté et de la dignité.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

La vie (français : vie ; anglais : life ; allemand : Leben) devient objet d’étude de la biologie, mais aussi concept fondamental en philosophie (philosophie de la vie, existentialisme, phénoménologie). Bergson, Nietzsche, Heidegger interrogent la spécificité de la vie, sa créativité, son sens. La vie est aussi questionnée à travers la bioéthique, la technique, la médecine, la politique.

  • Friedrich Nietzsche : Fait de la vie la puissance créatrice, volonté de puissance, dépassement de soi.
    "Il faut devenir ce que l’on est."
  • Henri Bergson : Définit la vie comme élan vital, création imprévisible, évolution.
    "La vie est invention, création de formes, dépassement de soi-même."
  • Martin Heidegger : Analyse la vie humaine (Dasein) comme existence, souci, ouverture au monde.
    "L’homme est un être-pour-la-mort."
Usages et débats : Débats sur la définition scientifique de la vie, sur la valeur de la vie, sur la vie artificielle, la mort, la bioéthique.
Changements de signification : La vie devient concept pluriel, problématique, entre biologie, philosophie, éthique, politique.
Liens avec d'autres notions :
  • Existence : La vie humaine est comprise comme existence, projet, liberté.
  • Bioéthique : La vie devient enjeu moral et politique (début, fin, qualité de vie).