validité


Antiquité et Moyen Âge

Le terme « validité » (latin : validitas, de validus, « fort, efficace ») n’est pas un concept philosophique central à cette époque, mais la question de la « validité » apparaît implicitement dans la logique antique (Aristote) et médiévale : il s’agit de savoir si un raisonnement ou un argument est correct, c’est-à-dire s’il suit des règles qui garantissent la vérité de la conclusion si les prémisses sont vraies.

  • Aristote : DĂ©veloppe la logique syllogistique, qui permet de dĂ©terminer la validitĂ© d’un raisonnement par sa forme.
    "Il n’y a de science que du nécessaire, et le raisonnement doit suivre la forme pour être valide."
Usages et débats : Débats sur la distinction entre validité formelle (structure correcte) et vérité matérielle (contenu vrai), sur la nature des principes logiques.
Changements de signification : La validité est d’abord un critère logique, lié à la forme du raisonnement.
Liens avec d'autres notions :
  • VĂ©ritĂ© : La validitĂ© d’un raisonnement ne garantit pas la vĂ©ritĂ© de la conclusion, mais sa cohĂ©rence formelle.
  • Logique : La validitĂ© est un critère central en logique.

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

La validité devient un concept central de la logique formelle. Un argument est valide s’il respecte la structure qui rend impossible que les prémisses soient vraies et la conclusion fausse. On distingue validité (cohérence formelle) et vérité (adéquation au réel).

  • Gottfried Wilhelm Leibniz : DĂ©fend l’idĂ©e d’une logique universelle oĂą la validitĂ© des raisonnements est fondĂ©e sur le calcul des formes.
    "La logique est l’art de la validité des raisonnements."
Usages et débats : Débats sur la portée de la validité formelle, sur la différence avec la vérité, sur la possibilité d’une logique universelle.
Changements de signification : La validité s’autonomise comme critère formel, indépendant du contenu.
Liens avec d'autres notions :
  • Forme : La validitĂ© dĂ©pend de la forme du raisonnement.
  • Argument : Un argument peut ĂŞtre valide sans ĂŞtre vrai.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

La validité (français : validité ; anglais : validity ; allemand : Gültigkeit) devient un concept technique de la logique mathématique et de la philosophie des sciences. Un argument est valide si, et seulement si, il est impossible que les prémisses soient vraies et la conclusion fausse (valeur de vérité conservée par la forme). On distingue la validité logique (structure) de la validité empirique ou scientifique (adéquation à la réalité, testabilité).

  • Kurt Gödel : Montre les limites de la validitĂ© formelle dans les systèmes logiques complexes (thĂ©orèmes d’incomplĂ©tude).
    "Il existe des vérités qui ne sont pas démontrables dans un système formel valide."
  • Karl Popper : Distingue validitĂ© logique et validitĂ© empirique : une thĂ©orie est valide empiriquement si elle peut ĂŞtre testĂ©e et falsifiĂ©e.
    "Ce n’est pas la vérification mais la falsifiabilité qui fonde la validité scientifique."
Usages et débats : Débats sur la portée de la validité logique, sur la validité des sciences humaines, sur la validité des tests et expériences.
Changements de signification : La validité se diversifie (logique, empirique, méthodologique).
Liens avec d'autres notions :
  • VĂ©rifiabilitĂ©/FalsifiabilitĂ© : Critères de validitĂ© empirique en science.
  • CohĂ©rence : La validitĂ© dĂ©pend de la cohĂ©rence interne d’un système.