subjectif


Antiquité et Moyen Âge

Le terme « subjectif » n’existe pas encore, mais la question du sujet (le 'sujet pensant', le 'moi') commence à être abordée. On parle plutôt de l’âme individuelle, de la perception propre à chaque être humain. Le point de vue subjectif s’oppose à l’universel, mais reste secondaire face à la quête de vérités objectives ou divines.

  • Augustin d’Hippone : RĂ©flexion sur la vie intĂ©rieure, l’intimitĂ© du moi, l’expĂ©rience personnelle de Dieu.
    "Je suis devenu pour moi-mĂŞme une question."
Usages et débats : Débats sur la valeur de l’expérience personnelle, l’introspection, la possibilité d’un accès direct à la vérité par la conscience individuelle.
Changements de signification : Le subjectif reste lié à l’intériorité, à la singularité de chaque âme.
Liens avec d'autres notions :
  • Objectif : Le subjectif s’oppose Ă  l’objectif, qui vise l’universel et le partageable.
  • IntĂ©rioritĂ© : Le subjectif concerne la vie intĂ©rieure, personnelle.

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

Le terme « subjectif » apparaît et se développe en philosophie. Il désigne ce qui dépend du sujet pensant, de la conscience individuelle, de la perception ou des sentiments personnels. Le subjectif s’oppose à l’objectif, qui relève du monde extérieur, du commun, du mesurable.

  • RenĂ© Descartes : Fonde la philosophie moderne sur la subjectivitĂ© (le cogito, la certitude du sujet pensant).
    "Je pense, donc je suis."
  • David Hume : Montre que nos perceptions, croyances et sentiments sont subjectifs, produits de l’esprit humain.
    "L’esprit n’est qu’un faisceau de perceptions."
Usages et débats : Débats sur la fiabilité de la subjectivité, sur la possibilité d’atteindre une vérité objective, sur la part du subjectif dans la connaissance et la morale.
Changements de signification : Le subjectif devient central dans la théorie de la connaissance et l’analyse de l’expérience humaine.
Liens avec d'autres notions :
  • SubjectivitĂ© : Ensemble des expĂ©riences, perceptions et sentiments propres Ă  un sujet.
  • Relatif : Le subjectif implique une forme de relativitĂ© Ă  la personne.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

Le subjectif (français : subjectif ; anglais : subjective ; allemand : subjektiv) désigne ce qui relève du point de vue propre à un sujet, de l’expérience vécue, de l’interprétation individuelle. Les sciences humaines, la phénoménologie, la psychanalyse et l’art s’intéressent à la subjectivité comme dimension constitutive de l’existence humaine.

  • Edmund Husserl : Fait de la subjectivitĂ© le centre de la phĂ©nomĂ©nologie : toute connaissance est ancrĂ©e dans l’expĂ©rience subjective.
    "Toute conscience est conscience de quelque chose, c’est-à-dire intentionnalité."
  • Simone de Beauvoir : RĂ©flĂ©chit Ă  la subjectivitĂ© comme construction, notamment dans la condition fĂ©minine.
    "On ne naît pas femme, on le devient."
Usages et débats : Débats sur la valeur de la subjectivité (source d’erreur ou de richesse ?), sur le rapport entre subjectif et objectif, sur le risque de relativisme.
Changements de signification : Le subjectif devient une notion complexe, valorisée dans l’art, la littérature, la psychologie, mais souvent opposée à l’objectivité scientifique.
Liens avec d'autres notions :
  • ExpĂ©rience vĂ©cue : Le subjectif est liĂ© Ă  l’expĂ©rience individuelle et immĂ©diate du monde.
  • Relativisme : Le subjectif peut conduire Ă  l’idĂ©e que toute vĂ©ritĂ© est relative au sujet.