sophisme


Antiquité

Le terme « sophisme » (grec : sophisma) désigne un raisonnement qui a l’apparence de la validité mais qui est en réalité fallacieux ou trompeur. Les sophistes, philosophes et enseignants grecs du Ve siècle av. J.-C., étaient accusés par Socrate et Platon d’utiliser des raisonnements spécieux pour convaincre ou persuader sans souci de la vérité. Aristote analyse et classe les sophismes dans son œuvre « Les Réfutations sophistiques ». Le sophisme s’oppose au raisonnement logique et vrai.

  • Platon : Critique les sophistes, qui utilisent des discours trompeurs pour persuader sans recherche de la vérité.
    "Ceux qui savent faire passer le faux pour le vrai sont des sophistes."
  • Aristote : Établit une classification des sophismes et propose des méthodes pour les réfuter.
    "Le sophisme est un raisonnement qui paraît valide sans l’être vraiment."
Usages et débats : Débats sur la frontière entre argumentation légitime et manipulation, sur la distinction entre erreur de raisonnement involontaire (paralogisme) et raisonnement volontairement trompeur (sophisme).
Changements de signification : Le terme passe de l’art du discours à la désignation péjorative d’un raisonnement fallacieux.
Liens avec d'autres notions :
  • Paralogisme : Le paralogisme est une erreur de raisonnement involontaire, tandis que le sophisme est trompeur et souvent volontaire.
  • Dialectique : La dialectique vise la vérité par l’argumentation rigoureuse, contrairement au sophisme.

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

Le sophisme est étudié comme un faux raisonnement, utilisé dans la rhétorique ou dans la polémique pour tromper ou persuader. Les logiciens (Descartes, Locke) cherchent à distinguer les raisonnements corrects des sophismes, et à établir des méthodes pour les éviter.

  • René Descartes : Prône la méthode pour éviter les sophismes et atteindre la vérité.
    "Il faut se défier des sophismes de l’imagination."
  • John Locke : Analyse les sophismes dans le langage et la pensée, met en garde contre la confusion des mots.
    "Les sophismes naissent souvent de l’ambiguïté des termes."
Usages et débats : Débats sur la nature des sophismes, leur rôle dans la rhétorique, la nécessité de l’esprit critique.
Changements de signification : Le sophisme devient synonyme d’argument trompeur ou fallacieux, à identifier et réfuter.
Liens avec d'autres notions :
  • Méthode : Une méthode rigoureuse permet d’éviter les sophismes.
  • Langage : Les ambiguïtés du langage favorisent les sophismes.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

Le sophisme (français : sophisme ; anglais : sophism, fallacy ; allemand : Sophismus) désigne tout raisonnement fallacieux, utilisé consciemment ou non, en logique, en politique, dans les médias, etc. On distingue maintenant de nombreux types de sophismes (ad hominem, appel à la majorité, faux dilemme, etc.) étudiés en logique et en argumentation.

  • Charles S. Peirce : Développe la logique moderne et l’analyse des erreurs de raisonnement (fallacies).
    "La logique doit nous prémunir contre les sophismes de la pensée."
Usages et débats : Débats sur la place du sophisme dans la communication, sur la manipulation des opinions, sur l’éducation à l’esprit critique.
Changements de signification : Le sophisme devient un objet d’analyse systématique (logique, théorie de l’argumentation), avec des classifications précises.
Liens avec d'autres notions :
  • Fallacy : Le terme anglais ‘fallacy’ recouvre toutes les formes de sophismes, classifiées en logique.
  • Manipulation : Le sophisme est souvent instrument de manipulation des opinions.