Antiquité
Le terme « sacré » (latin : sacer) désigne ce qui appartient au domaine des dieux, séparé du profane, et objet de crainte, de respect ou d’interdits. Le sacré se manifeste dans les rites, les sacrifices, les temples. Il est au cœur de la religion antique, opposé au profane (ce qui est ordinaire, quotidien).
Usages et débats :
Débats sur la nature du sacré (pouvoir des dieux ? force mystérieuse ?), sur son rôle social (cohésion, identité).
Changements de signification :
Le sacré est d’abord religieux puis prend aussi une valeur sociale et symbolique.
Liens avec d'autres notions :
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Profane :
Le sacré s’oppose au profane, ce qui est ordinaire ou séculier.
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Tabou :
Le sacré s’accompagne souvent d’interdits (tabous).
Moyen Âge et époque moderne
Le sacré est associé à Dieu, à la Révélation, à ce qui est digne d’adoration ou d’un respect absolu (Saint, Parole sacrée, etc.). Le sacré investit les objets (reliques), les lieux (églises), les personnes (prêtres, souverains).
Usages et débats :
Débats sur la hiérarchie du sacré (lieux, objets, personnes), sur la possibilité de profaner le sacré.
Changements de signification :
Le sacré devient plus institutionnalisé, lié au pouvoir religieux.
Liens avec d'autres notions :
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Saint :
Le sacré est ce qui est saint ou sanctifié.
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Consécration :
Le sacré résulte d’un acte de consécration.
Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)
Le sacré (français : sacré ; anglais : sacred ; allemand : das Heilige) devient objet d’étude anthropologique, sociologique, philosophique (Durkheim, Eliade, Bataille). Il désigne une catégorie de l’expérience humaine, marquée par l’altérité, la puissance, l’ambivalence (sacré/maudit). Le sacré n’est plus seulement religieux : il existe des formes profanes du sacré (la patrie, la vie, etc.).
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Mircea Eliade :
Le sacré fonde l’expérience religieuse, il est ce qui se manifeste (hiérophanie) et structure le monde humain.
"Le sacré se manifeste toujours comme une réalité d’un tout autre ordre que les réalités naturelles."
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Georges Bataille :
Met l’accent sur l’ambivalence du sacré (sacré/maudit), sa dimension transgressive, et non seulement institutionnelle.
"Le sacré est ce qui attire et repousse, ce qui fascine et terrifie."
Usages et débats :
Débats sur la sécularisation, sur la survivance du sacré dans les sociétés modernes, sur la violence et le sacré.
Changements de signification :
Le sacré devient une catégorie anthropologique, non exclusivement religieuse.
Liens avec d'autres notions :
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Hiérophanie :
Manifestation du sacré dans le monde (Eliade).
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Ambivalence :
Le sacré attire et repousse à la fois (Bataille).