problème


Antiquité

Le terme « problème » (grec : problema, ce qui est « jeté devant ») désigne initialement une question à résoudre, une difficulté qui se pose à l’intelligence ou à la pratique. Chez les Grecs, il prend un sens technique en mathématiques, mais aussi en philosophie : un problème est une question qui appelle une solution, un raisonnement ou une enquête.

  • Euclide : Utilise le terme pour désigner des questions géométriques à résoudre par la construction.
    "Construire un triangle équilatéral sur une droite donnée : c’est un problème."
  • Aristote : Distingue question (zètèma), problème (problèma) et aporie (difficulté insoluble). Un problème est une difficulté qui a potentiellement une solution.
    "Le problème est ce dont la solution est recherchée."
Usages et débats : Débats sur la différence entre problème et aporie (impasse), sur la méthode à adopter pour résoudre un problème (logique, dialectique, mathématique).
Changements de signification : Le problème passe d’une difficulté concrète à une question théorique, ou inversement.
Liens avec d'autres notions :
  • Aporie : L’aporie est un problème sans solution connue.
  • Question : Le problème est une question particulière, qui appelle résolution.

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

Le problème devient central dans la science et la philosophie : il désigne une difficulté à résoudre par la raison, l’expérimentation ou l’analyse. En mathématiques, en physique, en morale, le problème est ce qui structure la recherche de la vérité.

  • René Descartes : Élabore une méthode pour résoudre les problèmes : les diviser en sous-problèmes, avancer du simple au complexe.
    "Pour résoudre un problème, il faut le diviser autant qu’il se peut."
  • Immanuel Kant : Distingue les problèmes empiriques (résolubles) des problèmes transcendantaux ou antinomiques (liés aux limites de la raison).
    "Il y a des problèmes que l’esprit humain ne peut résoudre, mais seulement poser."
Usages et débats : Débats sur la nature des problèmes philosophiques (résolubles, insolubles, fictifs), sur la méthode scientifique.
Changements de signification : Le problème devient le point de départ de la recherche et de la méthode scientifique.
Liens avec d'autres notions :
  • Méthode : La résolution d’un problème suppose une méthode.
  • Vérité : La recherche de la vérité passe par la résolution de problèmes.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

Le problème (français : problème ; anglais : problem ; allemand : Problem) est central dans toutes les sciences, la philosophie, la technique, la société. Il désigne une situation où une solution est recherchée, mais aussi un état de crise ou de dysfonctionnement. Le problème peut être théorique, pratique, éthique, existentiel.

  • Karl Popper : Fait de la formulation de problèmes le moteur de la science : toute connaissance commence par un problème à résoudre.
    "Toute vie est résolution de problèmes."
  • Gilles Deleuze : Insiste sur la créativité dans la formulation des problèmes, qui précède la solution.
    "Ce n’est pas la solution qui compte, mais le problème bien posé."
Usages et débats : Débats sur la distinction entre problèmes ouverts et fermés, sur la formulation des problèmes, sur la place du problème dans la société (problèmes sociaux, techniques, moraux).
Changements de signification : Le problème devient un opérateur de la pensée, un outil de créativité, parfois synonyme de crise.
Liens avec d'autres notions :
  • Solution : Un problème appelle une solution, mais la solution dépend de la formulation du problème.
  • Crise : Un problème peut aussi désigner une situation critique ou instable.