Antiquité
Le terme « personne » (latin : persona, masque de théâtre) n’existe pas au sens moderne, mais la question de l’individualité, de l’âme, de la subjectivité est abordée. Chez les stoïciens et les romains, la persona désigne d’abord le rôle social ou le masque porté par l’acteur. La notion de personne comme sujet moral ou juridique commence à émerger.
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Cicéron :
Utilise persona pour désigner les rôles sociaux que chacun assume dans la vie.
"Chacun doit jouer sa personne selon sa nature et sa condition."
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Plotin :
Distingue l’individualité corporelle de l’âme intellective, principe d’identité personnelle.
"Ce qui fait la personne, c’est l’âme qui subsiste."
Usages et débats :
Débats sur l’identité individuelle, la place du rôle social, la distinction entre le moi profond et les apparences.
Changements de signification :
La personne désigne d’abord l’apparence sociale, puis tend vers l’individualité morale et spirituelle.
Liens avec d'autres notions :
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Individu :
La personne renvoie à l’individu, mais l’individu n’est pas nécessairement une personne au sens moral ou juridique.
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Âme :
L’âme est parfois vue comme le principe de la personne.
Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)
La personne est pensée comme un être conscient, doué de raison, de volonté et de liberté. La philosophie morale et juridique affirme la dignité de la personne, sujet de droits et de devoirs. Locke définit la personne comme un être capable de se reconnaître comme le même dans le temps (identité personnelle).
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John Locke :
Définit la personne par la conscience de soi et la continuité de la mémoire.
"Être une personne, c’est être conscient d’être soi-même, le même, dans des temps et des lieux différents."
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Emmanuel Kant :
Fait de la personne un être moral, une fin en soi, jamais un simple moyen.
"Agis de telle sorte que tu traites l’humanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une fin, jamais simplement comme un moyen."
Usages et débats :
Débats sur l’identité, la responsabilité, la dignité, les droits de la personne, la distinction entre personne et chose.
Changements de signification :
La personne devient sujet de droit, de devoir, de dignité morale.
Liens avec d'autres notions :
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Sujet :
La personne est sujet moral, conscient, libre.
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Dignité :
La dignité est attribuée à la personne, non à la simple chose.
Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)
La personne (français : personne ; anglais : person ; allemand : Person) est au cœur de la philosophie morale, du droit, de la psychologie, de la politique. Elle désigne un être singulier, conscient, responsable, porteur de droits fondamentaux. Les débats portent sur le lien entre personne et conscience, sur les limites de la personnalité (animaux, IA), sur les droits de la personne et leur universalité.
Usages et débats :
Débats sur les critères de la personnalité (conscience, langage, responsabilité), sur la bioéthique, les droits des animaux, l’intelligence artificielle.
Changements de signification :
La notion de personne s’élargit, se pluralise, devient parfois objet de controverses (début/fin de vie, IA, animaux...).
Liens avec d'autres notions :
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Responsabilité :
La personne est responsable de ses actes.
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Droits de l’homme :
La personne est sujet de droits fondamentaux.