mythe


Antiquité

Le mythe (grec : muthos) désigne un récit traditionnel, souvent d’origine divine, expliquant l’origine du monde, des dieux, des hommes ou des phénomènes naturels. Il transmet des valeurs, des modèles de conduite, structure la vision du monde d’une civilisation. Le mythe s’oppose au logos (raison, discours argumenté) chez les philosophes grecs.

  • Platon : Utilise le mythe comme forme de rĂ©cit philosophique (mythe de la caverne, du Phèdre, de l’androgyne) pour exprimer des vĂ©ritĂ©s que le raisonnement seul ne peut atteindre.
    "Le mythe est un outil pour élever l’âme vers la vérité."
  • Aristote : Analyse la structure du mythe dans la tragĂ©die (PoĂ©tique), voit dans le mythe une fonction cathartique.
    "L’action, c’est-à-dire la muthos, est l’âme de la tragédie."
Usages et débats : Débats sur la vérité du mythe, sa fonction éducative, morale, politique ou religieuse. Opposition entre mythe et raison.
Changements de signification : Le mythe passe de récit sacré explicatif à récit symbolique, porteur de sens collectif.
Liens avec d'autres notions :
  • Logos : Le mythe s’oppose au logos, discours rationnel.
  • Rituel : Le mythe accompagne souvent des rites fondateurs.

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

Le mythe est vu comme fiction, superstition, récit irrationnel à dépasser par la raison et la science. Les philosophes des Lumières critiquent le mythe en tant qu’obstacle à la connaissance rationnelle.

  • Voltaire : DĂ©nonce les mythes comme sources d’illusion et d’obscurantisme.
    "Le mythe n’est qu’un tissu de fables."
Usages et débats : Débats sur la vérité des mythes, leur fonction sociale et politique, leur rapport à la religion et à la superstition.
Changements de signification : Le mythe est discrédité au profit de l’histoire, de la science et de la raison.
Liens avec d'autres notions :
  • Superstition : Le mythe assimilĂ© Ă  la superstition et Ă  l’ignorance.
  • Raison : Le mythe est critiquĂ© au nom de la raison.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

Le mythe (français : mythe ; anglais : myth ; allemand : Mythos) est revalorisé par l’anthropologie, la psychanalyse, la philosophie. Il est vu comme structure de pensée, récit fondateur, expression de l’inconscient collectif (Jung), ou structure universelle de l’esprit humain (Lévi-Strauss). Il peut aussi signifier une idée fausse, une construction idéologique.

  • Carl Gustav Jung : Voit dans le mythe l’expression des archĂ©types de l’inconscient collectif.
    "Le mythe est l’expression la plus ancienne de la psyché humaine."
  • Claude LĂ©vi-Strauss : Montre que le mythe est une structure logique, universelle, organisant le rĂ©el et la pensĂ©e.
    "Le mythe pense en nous, bien plus que nous ne pensons le mythe."
Usages et débats : Débats sur la fonction symbolique, anthropologique, psychologique, politique du mythe ; sur la différence entre mythe et idéologie, mythe et histoire.
Changements de signification : Le mythe redevient objet d’analyse scientifique, mais le terme peut aussi désigner une illusion collective.
Liens avec d'autres notions :
  • ArchĂ©type : Le mythe comme expression des archĂ©types de l’inconscient (Jung).
  • Structure : Le mythe comme structure de pensĂ©e (LĂ©vi-Strauss).
  • IdĂ©ologie : Sens pĂ©joratif moderne : idĂ©e fausse ou trompeuse partagĂ©e par un groupe.