Antiquité
Le mouvement (grec : kinesis ; latin : motus) désigne le changement, le passage d’un état à un autre, le déplacement dans l’espace ou la transformation qualitative. Les Présocratiques s’opposent sur la question du mouvement : Héraclite affirme que tout change, tandis que Parménide nie la réalité du mouvement. Aristote analyse le mouvement comme passage de la puissance à l’acte.
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Héraclite :
Affirme que tout est en perpétuel changement (« panta rhei » – tout coule).
"On ne se baigne jamais deux fois dans le mĂŞme fleuve."
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Parménide :
Négation du mouvement, l’être est immobile et un.
"L’être est, le non-être n’est pas."
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Aristote :
Définit le mouvement comme actualisation d’une puissance (dynamis) en acte (energeia).
"Le mouvement est l’acte de ce qui est en puissance, en tant que tel."
Usages et débats :
Débats sur la réalité du mouvement, son origine, sa possibilité, sa nature (local, qualitatif, quantitatif).
Changements de signification :
Le mouvement passe de simple changement d’état à concept central de la physique et de la métaphysique.
Liens avec d'autres notions :
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Changement :
Le mouvement est une forme de changement.
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Puissance et acte :
Chez Aristote, le mouvement relie la puissance à l’acte.
Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)
Le mouvement devient un objet central de la science moderne. Descartes, Galilée, Newton fondent la mécanique sur la mesure et les lois du mouvement. Newton distingue le mouvement absolu (par rapport à l’espace) et le mouvement relatif (par rapport à d’autres corps).
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Galilée :
Établit les lois de la chute des corps et du mouvement uniformément accéléré.
"La nature est écrite en langage mathématique."
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René Descartes :
Définit le mouvement comme transfert d’une portion de matière d’un lieu à un autre.
"Le mouvement est l’action par laquelle une partie de la matière passe d’un voisinage à un autre."
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Isaac Newton :
Formule les lois du mouvement et de la gravitation universelle.
"Un corps persévère dans son état de repos ou de mouvement rectiligne uniforme, sauf si des forces lui imposent un changement."
Usages et débats :
Débats sur la nature du mouvement (absolu ou relatif), sur les lois qui le gouvernent, sur la distinction entre mouvement et repos.
Changements de signification :
Le mouvement devient mesurable, régi par des lois universelles.
Liens avec d'autres notions :
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Force :
Le mouvement résulte de l’action des forces (Newton).
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Relativité :
Nature relative ou absolue du mouvement (Descartes, Newton).
Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)
Le mouvement (français : mouvement ; anglais : motion, movement ; allemand : Bewegung) est réinterrogé par la physique (relativité, mécanique quantique), la biologie (évolution, morphogenèse), la philosophie (Bergson, Deleuze). Einstein redéfinit le mouvement dans le cadre de la relativité restreinte et générale.
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Henri Bergson :
Voit le mouvement comme durée, flux continu, irréductible à une suite d’états.
"Il n’y a pas d’instants immobiles, la réalité est mouvement pur."
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Albert Einstein :
Montre que le mouvement n’a de sens que par rapport à un référentiel ; espace et temps sont relatifs.
"Le mouvement est relatif, il n’y a pas d’immobilité absolue."
Usages et débats :
Débats sur la nature du mouvement dans la physique moderne, sur la perception du mouvement, sur la différence entre mouvement réel et mouvement apparent.
Changements de signification :
Le mouvement devient relatif, processus, irréductible à la seule mécanique classique.
Liens avec d'autres notions :
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Relativité :
Le mouvement n’a de sens que par rapport à un référentiel (Einstein).
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Durée :
Chez Bergson, le mouvement est vécu comme flux de la durée.