mort


Antiquité

La mort (grec : thanatos ; latin : mors) est pensée comme séparation de l’âme et du corps, passage vers un autre état d’existence ou dissolution dans le néant. Les Grecs, selon les époques, oscillent entre croyance en une survie de l’âme (orphisme, platonisme) et conception matérialiste de l’anéantissement (Épicure, stoïciens).

  • Platon : Conçoit la mort comme libĂ©ration de l’âme, retour au monde des IdĂ©es.
    "La mort n’est autre chose que la séparation de l’âme et du corps."
  • Épicure : Affirme que la mort n’est rien pour nous, car tant que nous existons, elle n’est pas lĂ , et quand elle est lĂ , nous ne sommes plus.
    "La mort n’est rien pour nous."
Usages et débats : Débats sur l’immortalité de l’âme, la peur de la mort, la sagesse face à la condition mortelle.
Changements de signification : La mort peut être vue comme passage, épreuve, ou simple fin.
Liens avec d'autres notions :
  • Ă‚me : La mort comme sĂ©paration de l’âme et du corps.
  • ImmortalitĂ© : DĂ©bat sur la survie de l’âme après la mort.

Moyen Âge

La mort est envisagée dans le cadre religieux chrétien comme passage vers la vie éternelle, le salut ou la damnation. La mort devient un enjeu moral (jugement, purgatoire, enfer).

  • Thomas d’Aquin : Affirme la rĂ©surrection des corps et la survie de l’âme individuelle.
    "L’âme séparée du corps subsiste et attend la résurrection."
Usages et débats : Débats sur le salut, la résurrection, la destinée de l’âme.
Changements de signification : La mort devient passage, épreuve morale et religieuse.
Liens avec d'autres notions :
  • Jugement : La mort prĂ©cède le jugement de l’âme.
  • RĂ©surrection : EspĂ©rance d’une vie après la mort dans la tradition chrĂ©tienne.

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

La mort est abordée comme phénomène naturel, biologique, mais aussi source d’angoisse existentielle et objet de réflexion morale (Montaigne, Pascal). On s’interroge sur la signification de la mort face à la raison et à la science.

  • Michel de Montaigne : Invite Ă  apprivoiser la mort, Ă  en faire l’objet central de la philosophie.
    "Philosopher, c’est apprendre à mourir."
  • Blaise Pascal : Met en avant l’angoisse de la mort et l’espoir du salut.
    "Rien n’est si important à l’homme que sa destinée, rien ne lui est si redoutable que l’éternité."
Usages et débats : Débats sur l’attitude face à la mort : résignation, espoir, lucidité, révolte.
Changements de signification : La mort devient problème existentiel, non plus seulement religieux.
Liens avec d'autres notions :
  • Existence : La mort donne sens ou limite Ă  l’existence.
  • Angoisse : La mort suscite l’angoisse, la rĂ©flexion sur la condition humaine.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

La mort (français : mort ; anglais : death ; allemand : Tod) est questionnée par la philosophie existentielle (Heidegger, Sartre), la psychanalyse (Freud), la médecine et l’anthropologie. La mort est vue comme horizon indépassable, condition de l’existence authentique, ou phénomène biologique à maîtriser.

  • Martin Heidegger : Voit la mort comme possibilitĂ© la plus propre de l’existence, qui donne sens Ă  la vie (ĂŞtre-pour-la-mort).
    "L’homme est un être-pour-la-mort."
  • Sigmund Freud : Introduit la notion de pulsion de mort (Thanatos) dans la vie psychique.
    "La mort est le retour à l’inanimé, à l’état antérieur à la vie."
Usages et débats : Débats sur la médicalisation, la maîtrise, le sens de la mort, l’euthanasie, le deuil.
Changements de signification : La mort devient enjeu existentiel, médical, social, psychologique.
Liens avec d'autres notions :
  • ĂŠtre-pour-la-mort : Concept central de l’angoisse existentielle chez Heidegger.
  • Pulsion de mort : Chez Freud, force destructrice Ă  l’œuvre dans l’inconscient.