monade


Antiquité

La notion de monade (grec : monas, « unité ») désigne, chez les pythagoriciens, le principe de l’unité, de l’origine des nombres et de toute réalité. La monade est l’unité première, source de la multiplicité.

  • Pythagore / Pythagoriciens : La monade est l’origine de tous les nombres, principe d’unité et de totalité.
    "La monade engendre la dyade, puis tous les nombres et toute la réalité."
Usages et débats : Débats sur l’origine et la structure du réel, sur le rapport entre unité et multiplicité.
Changements de signification : La monade passe de principe mathématique à principe cosmologique.
Liens avec d'autres notions :
  • Nombre : La monade est le nombre un, origine du calcul.
  • Multiplicité : La monade engendre la pluralité.

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

La notion de monade connaît une nouvelle importance avec Leibniz, qui en fait l’élément fondamental de la métaphysique. Les monades sont des substances simples, indivisibles, sans fenêtre, qui forment l’univers par leur harmonie préétablie. Chaque monade est un point de vue unique sur le monde.

  • Gottfried Wilhelm Leibniz : Fonde la métaphysique sur la pluralité des monades, substances simples, individuelles, actives, sans relation causale directe entre elles.
    "La monade n’a point de fenêtre par laquelle quelque chose puisse entrer ou sortir."
Usages et débats : Débats sur la nature de la substance, l’individualité, l’harmonie du monde, l’absence de causalité directe entre les monades.
Changements de signification : La monade devient principe métaphysique, non plus seulement arithmétique.
Liens avec d'autres notions :
  • Substance : La monade est une substance simple, élémentaire (Leibniz).
  • Harmonie préétablie : Principe d’organisation du monde des monades chez Leibniz.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

La monade (français : monade ; anglais : monad ; allemand : Monade) reste une notion philosophique, reprise ou critiquée par des penseurs comme Husserl (monades phénoménologiques) ou Deleuze (multiplicité, singularité). En informatique, le terme est repris (monad en programmation fonctionnelle) pour désigner des structures abstraites de composition.

  • Edmund Husserl : Parle de monades phénoménologiques comme centres de vie et de conscience, sujets d’expérience.
    "Toute conscience individuelle est une monade fermée sur son monde d’expérience."
  • Gilles Deleuze : Reprend la monade comme multiplicité, singularité, point de vue unique sur le devenir.
    "Chaque monade exprime le monde entier à sa manière."
Usages et débats : Débats sur l’individualité, la subjectivité, la composition du réel, les usages du terme en logique, informatique, phénoménologie.
Changements de signification : La monade devient concept de structure, de point de vue, ou de dispositif de composition (philosophie, logique, informatique).
Liens avec d'autres notions :
  • Phénoménologie : La monade comme centre de conscience (Husserl).
  • Programmation fonctionnelle : La monade comme structure abstraite de composition en informatique.