moi


Antiquité

La notion explicite de « moi » n’existe pas dans la philosophie antique, mais la question de l’identité personnelle et de l’âme individuelle se pose. L’âme (psychè) est considérée comme principe de vie et d’unité de la personne, mais le « moi » comme sujet psychologique distinct n’apparaît pas encore.

  • Platon : L’âme est principe d’unitĂ© individuelle, mais la rĂ©flexion sur le moi reste implicite.
    "L’âme, tant qu’elle est en elle-même, considère ce qui est en elle-même."
  • Plotin : Le retour Ă  soi, expĂ©rience intĂ©rieure, annonce une rĂ©flexion sur la subjectivitĂ©.
    "Rentre en toi-même ; au-dedans de l’homme habite la vérité."
Usages et débats : Débats sur la nature de l’âme, l’identité personnelle, la subjectivité.
Changements de signification : Le « moi » est implicite, confondu avec l’âme individuelle.
Liens avec d'autres notions :
  • Ă‚me : Le « moi » comme âme individuelle, principe d’unitĂ©.
  • Individu : Le « moi » est liĂ© Ă  l’individuation.

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

Le « moi » devient objet central de réflexion philosophique et psychologique. Pascal évoque le « moi haïssable », Descartes fonde la pensée sur la certitude du cogito, Locke et Hume questionnent l’identité du moi dans le temps. Le moi oscille entre substance, illusion et construction.

  • RenĂ© Descartes : Le « moi » est le sujet pensant, fondement de la certitude (cogito).
    "Je pense, donc je suis."
  • Blaise Pascal : Critique l’orgueil et l’illusion du moi, le « moi haĂŻssable ».
    "Le moi est haĂŻssable."
  • David Hume : Nie l’existence d’un moi permanent, le moi est une collection de perceptions changeantes.
    "Je ne parviens jamais Ă  me saisir sans une perception."
Usages et débats : Débats sur la substance ou l’illusion du moi, sur l’identité personnelle, la continuité du moi, le rapport entre le moi et la conscience.
Changements de signification : Le « moi » passe de substance stable à fiction, ou à construction psychique.
Liens avec d'autres notions :
  • Cogito : Le « moi » comme certitude du sujet pensant (Descartes).
  • IdentitĂ© : Lien entre le moi et la question de l’identitĂ© personnelle.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

Le « moi » (français : moi ; allemand : Ich ; anglais : self/ego) est remis en question par la psychologie, la psychanalyse et la phénoménologie. Freud distingue le moi (das Ich), le ça et le surmoi. Le moi est instance de médiation, fragile, souvent menacée par l’inconscient. Sartre critique le moi comme objet, et non comme sujet. On distingue le moi empirique du « je » transcendantal (Husserl, Kant).

  • Sigmund Freud : Fait du moi une instance psychique, mĂ©diatrice entre pulsions et exigences sociales.
    "Où était le Ça, le moi doit advenir."
  • Jean-Paul Sartre : Le moi n’est pas le sujet de la conscience, mais un objet de rĂ©flexion.
    "Le moi n’est pas le centre de la conscience, mais un objet dans le monde."
Usages et débats : Débats sur la nature du moi (structure, illusion, objet, instance psychique) et sa distinction d’avec le « je » ou la conscience pure.
Changements de signification : Le « moi » est pluralisé : il devient instance psychique (Freud), objet (Sartre), notion problématique.
Liens avec d'autres notions :
  • Inconscient : Le moi n’est pas maĂ®tre dans sa maison, selon Freud.
  • Je : DiffĂ©rence entre le moi (objet) et le je (sujet de l’acte, de la conscience).