magie


Antiquité

La magie (grec : mageia ; latin : magia) désigne l’ensemble des pratiques visant à produire des effets extraordinaires grâce à l’intervention de forces surnaturelles ou cachées. En Grèce ancienne, la magie est souvent associée aux prêtres perses (mages) et à des pratiques jugées étrangères ou suspectes. Platon distingue la magie de la vraie philosophie, et les stoïciens s’interrogent sur ses liens avec la nature.

  • Platon : DĂ©nonce la magie comme forme de tromperie ou de manipulation, opposĂ©e Ă  la science vĂ©ritable.
    "La magie n’est que l’art de persuader les âmes crédules."
Usages et débats : Débats sur la légitimité de la magie, sa différence avec la religion, la science ou la philosophie.
Changements de signification : La magie est vue comme une pratique marginale, parfois condamnée, parfois assimilée à une proto-science.
Liens avec d'autres notions :
  • Religion : La magie se distingue des rites religieux officiels.
  • Superstition : La magie est parfois assimilĂ©e Ă  la superstition.

Moyen Âge

La magie devient un objet de suspicion et de condamnation dans la pensée chrétienne. Elle est assimilée à la sorcellerie, à l’invocation de démons ou de puissances occultes. Cependant, certains courants (hermétisme, alchimie) valorisent la magie comme savoir caché, voie de connaissance du divin.

  • Thomas d’Aquin : Distingue la magie naturelle (liĂ©e aux propriĂ©tĂ©s cachĂ©es de la nature) de la magie diabolique (associĂ©e Ă  l'invocation des dĂ©mons).
    "La magie qui détourne de Dieu est œuvre du démon."
Usages et débats : Débats sur la nature de la magie (naturelle, divine, diabolique), sur ses dangers et ses affinités avec la science naissante.
Changements de signification : La magie oscille entre savoir occulte et pratique condamnée.
Liens avec d'autres notions :
  • Sorcellerie : La magie est associĂ©e Ă  la sorcellerie, souvent persĂ©cutĂ©e.
  • Alchimie : L’alchimie hĂ©rite des pratiques magiques et hermĂ©tiques.

Âge classique et moderne (XVIe-XVIIIe siècles)

La magie est repensée dans le cadre de la Renaissance, où l’hermétisme, la kabbale, la magie naturelle (Paracelse, Agrippa) cherchent à réconcilier science, nature et spiritualité. Mais la science moderne (Descartes, Newton) rejette la magie comme superstition.

  • Giordano Bruno : DĂ©fend une magie naturelle, fondĂ©e sur les correspondances entre le microcosme et le macrocosme.
    "La magie est la science du lien universel."
Usages et débats : Débats sur la validité de la magie naturelle face à la naissance de la science expérimentale.
Changements de signification : La magie passe de pratique occulte à objet d’histoire et de critique.
Liens avec d'autres notions :
  • HermĂ©tisme : Doctrine Ă©sotĂ©rique qui valorise la magie comme savoir cachĂ©.
  • Science : La magie prĂ©cède et s’oppose Ă  la science moderne.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

La magie (français : magie ; anglais : magic ; allemand : Magie) est étudiée par l’anthropologie (Frazer, Mauss), la psychologie (Freud), la sociologie (Durkheim). Elle est comprise comme un système symbolique, un ensemble de rites visant à agir sur le réel par des moyens symboliques ou psychosociaux. Elle est aussi présente dans la littérature, l’art, les spiritualités alternatives.

  • James Frazer : Analyse la magie comme forme primitive de la pensĂ©e, opposĂ©e Ă  la religion et Ă  la science.
    "La magie est la logique du semblable et du contigu."
  • Marcel Mauss : Montre le rĂ´le social des pratiques magiques, comme faits sociaux totaux.
    "La magie est un acte social, collectif et symbolique."
Usages et débats : Débats sur la fonction sociale, psychologique et symbolique de la magie, sur sa résurgence dans les sociétés modernes.
Changements de signification : La magie est réinterprétée comme système symbolique, phénomène culturel, ou outil de transformation subjective.
Liens avec d'autres notions :
  • Rituel : La magie s’inscrit dans des rites structurĂ©s.
  • Symbolisme : La magie fonctionne par l’efficacitĂ© symbolique.