Antiquité
L’intuition (du latin intuitio, regarder attentivement) n’est pas nommée comme telle, mais l’idée d’une connaissance immédiate, directe, joue un rôle chez Platon et Aristote. Chez Platon, c’est par une forme d’intuition intellectuelle (noûs) que l’âme saisit les Idées. Aristote distingue l’intuition (noûs) des autres formes de connaissance (raisonnement, sensation).
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Platon :
L’accès aux Idées passe par une saisie intellectuelle immédiate.
"Ce n’est pas par les sens mais par l’intelligence que l’âme saisit les Idées."
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Aristote :
Le noûs est la faculté d’intuition des premiers principes.
"L’intuition saisit les principes, la raison développe."
Usages et débats :
Débats sur la valeur de la connaissance intuitive versus discursive.
Changements de signification :
L’intuition est d’abord intellectuelle, liée à la saisie de l’essence.
Liens avec d'autres notions :
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Noûs :
Intuition intellectuelle chez Platon et Aristote.
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Idée :
L’intuition permet d’accéder aux Idées.
Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)
L’intuition devient un concept central en philosophie. Chez Descartes, l’intuition est la connaissance immédiate, évidente, d’une vérité (ex. cogito). Chez Spinoza, elle correspond au plus haut degré de connaissance. Kant oppose l’intuition sensible (donnée par les sens, espace et temps) à l’entendement.
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René Descartes :
L’intuition est la connaissance claire et distincte, immédiate, sans raisonnement.
"Par le nom d’intuition, j’entends... la conception d’un esprit pur et attentif, conception qui naît du seul jour de la raison."
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Immanuel Kant :
L’intuition est la manière dont l’objet nous est donné, par la sensibilité (espace et temps).
"L’intuition pure est la représentation d’un objet sans l’intervention de la sensibilité."
Usages et débats :
Débats sur l’intuition intellectuelle (vérité pure, évidence), l’intuition sensible (Kant), et leur rôle dans la connaissance.
Changements de signification :
L’intuition devient soit acte intellectuel, soit expérience sensible immédiate.
Liens avec d'autres notions :
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Évidence :
L’intuition donne l’évidence, la certitude immédiate.
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Sensible :
Chez Kant, l’intuition est liée à la sensibilité.
Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)
L’intuition (français : intuition ; anglais : intuition ; allemand : Anschauung) est étudiée par Bergson, Husserl, la phénoménologie. Pour Bergson, l’intuition est le mode de connaissance du temps réel, de la durée, opposée à l’intelligence analytique. En mathématiques, l’intuitionnisme (Brouwer) valorise la construction intuitive des objets mathématiques.
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Henri Bergson :
L’intuition est saisie directe du réel, de la durée, au-delà des concepts.
"L’intuition est la sympathie par laquelle on se transporte à l’intérieur d’un objet pour coïncider avec ce qu’il a d’unique et d’inexprimable."
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Edmund Husserl :
L’intuition donne l’essence des phénomènes dans l’expérience vécue.
"L’intuition catégoriale saisit l’essence elle-même."
Usages et débats :
Débats sur la portée de l’intuition (psychologique, métaphysique, scientifique, artistique), sur l’opposition intuition/raison.
Changements de signification :
L’intuition devient pluralisée (esthétique, morale, scientifique) et remise en question dans sa valeur objective.
Liens avec d'autres notions :
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Durée :
L’intuition permet la saisie de la durée chez Bergson.
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Phénoménologie :
L’intuition phénoménologique donne accès à l’essence des vécus.