intelligence


Antiquité

L’intelligence (du latin intelligentia, grec : nous, phronesis, logos) désigne la faculté de comprendre, de saisir le sens, de relier les choses par la pensée. Pour Platon et Aristote, l’intelligence est une faculté supérieure de l’âme, permettant la connaissance des causes, des formes, de l’ordre rationnel du monde.

  • Platon : Distingue l’intelligence (noĂ»s) sensible et l’intelligence pure (dialectique) qui accède aux IdĂ©es.
    "Ce n’est pas par les sens mais par l’intelligence que l’âme saisit les Idées."
  • Aristote : Distingue le noĂ»s (intellect pur, intuition des principes) et la phronesis (intelligence pratique).
    "L’intelligence saisit les premiers principes, la raison les développe."
Usages et débats : Débats sur l’intelligence comme capacité naturelle ou divine, sur sa relation avec la raison, l’âme, la sensation.
Changements de signification : L’intelligence est d’abord pensée comme faculté supérieure, liée au divin ou à l’ordre cosmique.
Liens avec d'autres notions :
  • Raison : L’intelligence inclut ou dĂ©passe la raison.
  • Intuition : L’intelligence comprend une part intuitive (noĂ»s).

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

L’intelligence est étudiée comme faculté de connaître, de raisonner, de résoudre des problèmes. Descartes la définit comme capacité de jugement, d’analyse, de synthèse. Les empiristes (Locke, Hume) insistent sur le rôle de l’expérience et de l’association d’idées.

  • RenĂ© Descartes : Il dĂ©finit l’intelligence comme la facultĂ© de bien juger, de distinguer le vrai du faux.
    "Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée."
  • John Locke : Il voit l’intelligence comme capacitĂ© d’association et de rĂ©flexion Ă  partir de l’expĂ©rience.
    "L’entendement n’est rien sans l’expérience."
Usages et débats : Débats sur l’origine de l’intelligence (innée/acquise), sur sa mesure, sur la distinction entre intelligence animale et humaine.
Changements de signification : L’intelligence devient objet d’analyse psychologique et épistémologique.
Liens avec d'autres notions :
  • Jugement : L’intelligence se manifeste par le jugement.
  • ExpĂ©rience : Le rĂ´le de l’apprentissage dans l’intelligence.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

L’intelligence (français : intelligence ; anglais : intelligence ; allemand : Intelligenz) est définie en psychologie comme capacité d’adaptation, de résolution de problèmes, de manipulation de symboles. Les tests d’intelligence (Binet, Wechsler) apparaissent, puis la notion d’intelligences multiples (Gardner). L’intelligence artificielle émerge en informatique.

  • Alfred Binet : Il crĂ©e le premier test de mesure de l’intelligence (QI).
    "L’intelligence, c’est la faculté de s’adapter à des situations nouvelles."
  • Jean Piaget : Il dĂ©finit l’intelligence comme adaptation et organisation de structures mentales.
    "L’intelligence, c’est l’adaptation réussie."
  • Howard Gardner : Il propose la thĂ©orie des intelligences multiples (logique, linguistique, spatiale, etc.).
    "Il n’y a pas une intelligence, mais des intelligences."
Usages et débats : Débats sur la définition, la mesure, l’origine et la diversité de l’intelligence (inné/acquis, QI, IA, intelligences multiples).
Changements de signification : L’intelligence devient une notion empirique, mesurable, pluralisée, et un enjeu technologique.
Liens avec d'autres notions :
  • Adaptation : L’intelligence se manifeste par la capacitĂ© Ă  s’adapter.
  • Intelligence artificielle : CrĂ©ation de systèmes techniques imitant certaines fonctions de l’intelligence humaine.