instinct


Antiquité

Le terme « instinct » n’est pas explicitement utilisé, mais les philosophes grecs s’interrogent sur les comportements naturels, spontanés, présents chez l’animal et chez l’homme. Aristote distingue les comportements acquis par l’habitude et ceux qui relèvent de la nature, inscrits dans l’être vivant.

  • Aristote : Il distingue l’action par nature (phusis) de l’action par habitude (ethos) et par raison (logos).
    "Certains êtres agissent toujours de la même manière, non par choix, mais par nature."
Usages et débats : Débats sur la part de la nature et de la raison dans l’action, sur l’animalité et l’humanité.
Changements de signification : Notion non nommée, mais idée de comportements naturels inscrits dans l’être.
Liens avec d'autres notions :
  • Nature : L’instinct est vu comme expression de la nature.
  • Habitude : Opposition entre l’innĂ© (nature/instinct) et l’acquis (habitude).

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

Le terme « instinct » prend un sens technique. Descartes voit l’instinct comme un mécanisme naturel, automatique, propre à l’animal-machine, tandis que l’homme agit par raison. Rousseau valorise l’instinct naturel contre les corruptions de la société. Buffon et les naturalistes étudient les comportements instinctifs chez les animaux.

  • RenĂ© Descartes : L’instinct est une disposition innĂ©e, automatique, rĂ©glĂ©e par les lois du corps, surtout chez l’animal.
    "Les animaux agissent par instinct, non par raison."
  • Jean-Jacques Rousseau : L’instinct naturel guide l’homme primitif, avant la corruption sociale.
    "L’instinct précède la raison et la guide."
Usages et débats : Débat sur la séparation homme/animal (instinct/raison), sur la valeur de l’instinct naturel.
Changements de signification : L’instinct devient une notion opposée à la raison, et à l’acquis.
Liens avec d'autres notions :
  • Raison : L’instinct s’oppose Ă  la raison (Descartes).
  • Animal-machine : Thèse cartĂ©sienne de l’animal comme machine guidĂ©e par l’instinct.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

L’instinct (français : instinct ; anglais : instinct ; allemand : Instinkt) est analysé par la biologie, la psychologie, la psychanalyse. Darwin l’étudie comme produit de l’évolution (adaptation, sélection naturelle). Freud distingue les instincts (Triebe) des pulsions. L’éthologie (Lorenz, Tinbergen) analyse les comportements instinctifs chez l’animal.

  • Charles Darwin : L’instinct est hĂ©ritĂ©, sĂ©lectionnĂ© par l’évolution comme avantage adaptatif.
    "Les instincts sont soumis à la sélection naturelle."
  • Sigmund Freud : Il distingue pulsion (trieb) et instinct, et analyse leur rĂ´le dans la psychĂ© humaine.
    "L’instinct est une force biologique, la pulsion a une dimension psychique."
  • Konrad Lorenz : Fondateur de l’éthologie, il analyse les comportements instinctifs comme des programmes innĂ©s.
    "L’instinct est un comportement fixé par l’espèce."
Usages et débats : Débats sur la part de l’inné et de l’acquis dans le comportement, sur la définition et la réalité de l’instinct chez l’homme.
Changements de signification : L’instinct devient un objet scientifique, lié à l’inné, à l’évolution, au modèle biologique ou psychique.
Liens avec d'autres notions :
  • Pulsion : En psychanalyse, distinction entre instinct (biologique) et pulsion (psychique).
  • Éthologie : Science du comportement animal, centrĂ©e sur l’étude de l’instinct.