Antiquité
La distinction inné/acquis n’est pas formulée en ces termes, mais les philosophes se demandent déjà si certaines qualités ou connaissances sont présentes dès la naissance (innées) ou sont issues de l’expérience (acquises). Platon défend l’innéisme (la réminiscence des Idées), Aristote insiste sur le rôle de l’expérience et de l’habitude.
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Platon :
Soutient que l’âme possède des connaissances innées oubliées à la naissance, retrouvées par la réminiscence.
"Apprendre, c’est se ressouvenir."
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Aristote :
Affirme que l’esprit est une « table rase » (tabula rasa) à la naissance, et se forme par l’expérience.
"Il n’y a rien dans l’intellect qui n’ait d’abord été dans les sens."
Usages et débats :
Débats sur la nature de la connaissance, de la vertu, sur l’origine des idées.
Changements de signification :
Pas de termes « inné/acquis » mais question de l’origine des facultés humaines.
Liens avec d'autres notions :
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Réminiscence :
Connaissance innée chez Platon.
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Habitude :
Ce qui est acquis par répétition et expérience (Aristote).
Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)
La question prend une forme centrale : l’innéisme de Descartes ou de Leibniz s’oppose à l’empirisme de Locke et Hume. Les sciences naturelles commencent à s’interroger sur l’hérédité et l’influence du milieu.
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René Descartes :
Défend l’existence d’idées innées, présentes à la naissance.
"Il y a en nous des idées innées, comme l’idée de Dieu."
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John Locke :
Refuse toute idée innée, l’esprit est une « page blanche » (blank slate).
"L’esprit est comme une feuille blanche, sur laquelle rien n’est écrit."
Usages et débats :
Débats en philosophie et en science sur la part de l’inné (nature, hérédité) et de l’acquis (éducation, environnement).
Changements de signification :
La distinction se précise, devient centrale dans la pensée moderne.
Liens avec d'autres notions :
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Empirisme :
Doctrine de l’acquis (Locke, Hume).
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Idée innée :
Concept défendu par Descartes, Leibniz.
Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)
La distinction inné/acquis est au cœur des débats en biologie, psychologie, sciences humaines. Darwin montre l’importance de l’hérédité (inné), mais aussi de l’adaptation (acquis). Freud, Piaget, la génétique, et les sciences cognitives renouvellent la question. Aujourd’hui, on insiste sur l’interaction complexe entre l’inné et l’acquis.
Usages et débats :
Débats sur la part respective de la génétique et de l’environnement dans la formation des capacités, des comportements, de la personnalité.
Changements de signification :
La frontière entre inné et acquis est remise en question, au profit de l’interactionnisme.
Liens avec d'autres notions :
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Génétique :
Science de l’inné (hérédité, ADN).
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Interactionnisme :
Modèle contemporain de l’articulation entre inné et acquis.