individu


Antiquité

L’individu (latin : individuum, « ce qui ne peut être divisé ») désigne ce qui est un et indivisible, ce qui constitue une unité distincte. Chez Aristote, l’individu est le particulier, opposé au général ou à l’espèce. Il existe toujours dans une matière déterminée, dans un lieu et un temps précis.

  • Aristote : Il définit l’individu comme le sujet concret, porteur de propriétés, mais irréductible à une définition générale.
    "Le particulier est ce qui ne se dit que d’un seul."
Usages et débats : Débats sur la réalité de l’individu face au général, à l’universel. L’individu est-il une réalité première ou dérivée ?
Changements de signification : L’individu est pensé comme réalité concrète, singulière, opposée à l’universel.
Liens avec d'autres notions :
  • Particulier : L’individu est le particulier, opposé au général.
  • Socrate : Exemple d’individu concret dans la philosophie antique.

Moyen Âge

Débat scolastique sur l’individuation : qu’est-ce qui fait qu’un individu est distinct des autres ? (haecceitas, principe d’individuation).

  • Duns Scot : Il introduit le concept de haecceitas (« cecité », ce qui fait qu’un être est cet individu unique).
    "La singularité d’un être réside dans sa haecceitas."
  • Thomas d’Aquin : Il attribue l’individuation à la matière quantifiée.
    "La matière, avec ses dimensions, individualise la forme."
Usages et débats : Débats sur la nature de l’individuation (matière, forme, acte créateur de Dieu).
Changements de signification : L’individuation devient un problème métaphysique central.
Liens avec d'autres notions :
  • Haecceitas : Principe de singularité individuelle (Duns Scot).
  • Individuation : Processus ou principe qui rend un être unique.

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

L’individu devient sujet moral et politique (Descartes, Locke, Rousseau). Il est porteur de droits, doté d’une conscience et d’une liberté. Les sciences naturelles étudient aussi l’individu biologique.

  • John Locke : Il fonde la théorie du sujet individuel, porteur de droits et de propriété.
    "Chacun a un droit de propriété sur sa propre personne."
  • Jean-Jacques Rousseau : Il réfléchit au rapport entre individu et société, liberté individuelle et volonté générale.
    "L’homme est né libre, et partout il est dans les fers."
Usages et débats : Débats sur l’autonomie individuelle, la relation entre individu et société, la reconnaissance des droits individuels.
Changements de signification : L’individu acquiert une valeur morale, juridique et politique centrale.
Liens avec d'autres notions :
  • Sujet : L’individu devient sujet de droit et de conscience.
  • Liberté : La liberté est pensée comme attribut fondamental de l’individu.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

L’individu (français : individu ; anglais : individual ; allemand : Individuum) est au cœur de la philosophie politique, de la psychologie, de la sociologie (Durkheim, Freud, Nietzsche). Il est reconnu comme porteur de subjectivité, mais aussi comme produit de la société et des structures.

  • Émile Durkheim : Il analyse la tension entre individu et société, l’individu comme produit des faits sociaux.
    "L’individu n’est pas l’atome social, mais le résultat d’une évolution historique."
  • Sigmund Freud : Il fonde la psychanalyse : l’individu est traversé par l’inconscient, par la vie pulsionnelle.
    "Le moi n’est pas maître dans sa propre maison."
  • Friedrich Nietzsche : Il valorise l’individu créateur, unique, opposé au conformisme social.
    "Deviens ce que tu es !"
Usages et débats : Débats sur l’individu face au collectif, sur la construction sociale de l’individualité, sur l’individualisme et ses limites.
Changements de signification : L’individu est à la fois sujet autonome et être socialement construit.
Liens avec d'autres notions :
  • Société : L’individu est en interaction permanente avec la société.
  • Inconscient : La subjectivité individuelle est traversée par l’inconscient.