hasard


Antiquité

Le hasard (latin : fortuna, grec : tuchè) désigne ce qui arrive sans cause apparente, de façon imprévisible. Pour les Grecs, le hasard s’oppose à la nécessité (anankè). Démocrite et les atomistes admettent le hasard comme ignorance des causes réelles, tandis qu’Aristote distingue le hasard (tuchè) de la simple coïncidence (automaton) : le hasard est la rencontre fortuite de chaînes causales indépendantes.

  • DĂ©mocrite : Il considère que le hasard n’existe pas rĂ©ellement, tout a une cause, mais nous l’ignorons souvent.
    "Le hasard n’est que le nom donné à une cause ignorée."
  • Aristote : Il distingue le hasard (tuchè, rencontre inattendue de causes) de la nĂ©cessitĂ© et de l’automatisme.
    "Le hasard, c’est lorsque deux séries causales indépendantes se rencontrent."
Usages et débats : Débats sur la réalité du hasard : existe-t-il en soi ou n’est-il qu’ignorance humaine ?
Changements de signification : Le hasard oscille entre ignorance et réalité objective.
Liens avec d'autres notions :
  • NĂ©cessitĂ© : Opposition classique entre hasard et nĂ©cessitĂ©.
  • CausalitĂ© : Le hasard questionne le principe de causalitĂ©.

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

Le hasard devient objet d’étude mathématique (calcul des probabilités). Il est défini comme ce qui échappe à la prédiction rigoureuse. Leibniz et Laplace affirment que le hasard n’existe pas objectivement : il n’est que le reflet de notre ignorance des causes. Pascal étudie le hasard dans les jeux et la foi (pari de Pascal).

  • Blaise Pascal : Fondateur du calcul des probabilitĂ©s. Le hasard devient objet de raison.
    "Le hasard donne la moitié de nos affaires."
  • Pierre-Simon de Laplace : DĂ©fend le dĂ©terminisme intĂ©gral : le hasard n’est qu’apparence, dĂ» Ă  notre ignorance.
    "Le hasard n’est que l’expression de notre ignorance des causes."
Usages et débats : Débats sur la possibilité d’un déterminisme absolu, sur la place de l’aléatoire dans la nature et la société.
Changements de signification : Le hasard devient objet de calcul et de raisonnement.
Liens avec d'autres notions :
  • ProbabilitĂ© : Le hasard se mesure par les probabilitĂ©s.
  • DĂ©terminisme : Le hasard s’oppose, ou se rĂ©duit, au dĂ©terminisme.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

Le hasard (français : hasard ; anglais : chance, randomness ; allemand : Zufall) est central en sciences (statistiques, physique quantique, biologie). Heisenberg montre que l’indétermination est fondamentale dans la nature (principe d’incertitude). Monod défend le rôle du hasard dans l’évolution. Le hasard est aussi discuté en philosophie (existentialisme, absurdité).

  • Werner Heisenberg : DĂ©couvre l’indĂ©termination fondamentale dans la physique quantique.
    "Ce que nous pouvons prédire, ce sont des probabilités, non des certitudes."
  • Jacques Monod : Affirme le rĂ´le du hasard et de la nĂ©cessitĂ© dans l’évolution.
    "Le hasard et la nécessité gouvernent la vie."
  • Albert Camus : Voit dans le hasard une dimension de l’absurde humain.
    "Le hasard, c’est la logique de l’absurde."
Usages et débats : Débats sur la réalité du hasard (objective ou subjective), son rôle en science, en philosophie, en morale.
Changements de signification : Le hasard devient réalité objective (physique quantique, évolution) et notion-clé de la modernité.
Liens avec d'autres notions :
  • IndĂ©termination : Le hasard moderne est liĂ© Ă  l’indĂ©termination.
  • Absurd : Le hasard peut conduire Ă  une vision absurde de l’existence.