habitude


Antiquité

L’habitude (grec : hexis, latin : habitus) désigne un état durable, une disposition acquise par répétition. Chez Aristote, l’habitude est une disposition stable de l’âme ou du corps, acquise par la répétition d’actes. Elle joue un rôle central dans l’éthique : la vertu est une habitude acquise (habitus), non innée.

  • Aristote : Il dĂ©finit la vertu comme une habitude morale acquise par l’exercice.
    "La vertu est une disposition acquise, résultant d’actes répétés."
Usages et débats : Débats sur la différence entre habitude et nature, sur le rôle de l’habitude dans la moralité.
Changements de signification : L’habitude est vue comme disposition acquise, opposée à l’inné.
Liens avec d'autres notions :
  • Vertu : La vertu est une habitude morale.
  • Nature : L’habitude s’oppose Ă  la nature (innĂ©/acquis).

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

L’habitude est analysée comme mécanisme de répétition qui façonne le comportement, la pensée, la perception. Pour Descartes, l’habitude explique l’automatisme du corps. Locke et Hume étudient le rôle de l’habitude dans la connaissance (association d’idées, croyances).

  • RenĂ© Descartes : Il analyse l’habitude comme cause des automatismes corporels et mentaux.
    "L’habitude fait que nous agissons sans y penser."
  • David Hume : L’habitude explique la croyance et l’attente de la rĂ©gularitĂ© dans la nature.
    "L’habitude est le grand guide de la vie humaine."
Usages et débats : Débats sur l’habitude comme force d’automatisme ou d’aliénation, mais aussi comme condition de la connaissance et de l’action.
Changements de signification : L’habitude devient principe d’explication psychologique et épistémologique.
Liens avec d'autres notions :
  • Automatisme : L’habitude crĂ©e des comportements automatiques.
  • Association : L’habitude est Ă  la base de l’association d’idĂ©es.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

L’habitude (français : habitude ; anglais : habit) est étudiée en psychologie, en neurosciences, en philosophie. Bergson distingue habitude (action mécanique, répétitive) et mémoire (souvenir vivant). Bourdieu analyse l’habitus comme système d’habitudes sociales intériorisées. Les sciences cognitives examinent la formation des habitudes.

  • Henri Bergson : Il distingue l’habitude (mĂ©canique, automatique) de la mĂ©moire vraie (singulière, crĂ©atrice).
    "L’habitude est une mémoire qui s’est fixée dans le corps."
  • Pierre Bourdieu : Il crĂ©e le concept d’habitus : ensemble de dispositions intĂ©riorisĂ©es qui orientent les pratiques sociales.
    "L’habitus est un système de dispositions durables et transposables."
Usages et débats : Débats sur la liberté face à l’habitude, sur l’habitude comme force d’adaptation ou d’aliénation, sur la plasticité du cerveau.
Changements de signification : L’habitude est vue comme structure psychologique, sociale, biologique.
Liens avec d'autres notions :
  • Habitus : Concept sociologique dĂ©rivĂ© de l’habitude.
  • MĂ©moire : DiffĂ©rence entre mĂ©moire et habitude (Bergson).