Antiquité
Le futur (latin : futurum) désigne ce qui n’est pas encore mais qui doit advenir. Dans la pensée antique, la question du futur est liée au destin (moira, fatum), à la prévoyance (prudence), et à la possibilité de la prévision ou de la prophétie. Les stoïciens insistent sur la nécessité du destin, tandis qu’Épicure défend l’idée du hasard (clinamen).
Usages et débats :
Débats sur le déterminisme (tout est écrit) et l’indéterminisme (place du hasard).
Changements de signification :
Le futur est pensé comme domaine du destin ou de la prévoyance humaine.
Liens avec d'autres notions :
-
Destin :
Le futur est souvent identifié au destin dans l’Antiquité.
-
Prévoyance :
La prudence vise à agir en vue du futur.
Moyen Âge
Le futur est envisagé dans la perspective de la Providence divine : Dieu connaît le futur, mais l’homme ne le connaît pas. Débat sur la compatibilité de la prescience divine et de la liberté humaine.
-
Saint Augustin :
Il réfléchit au temps comme distension de l’âme entre passé, présent et futur. Seul le présent du futur existe dans l’attente.
"Il y a un présent du passé, un présent du présent, un présent du futur."
-
Thomas d’Aquin :
Pour Dieu, le futur est déjà présent ; pour l’homme, il reste incertain.
"Dieu voit d’un seul regard l’ensemble du temps."
Usages et débats :
Débats sur le rapport entre la prescience divine et la liberté humaine.
Changements de signification :
Le futur est lié à la Providence, à l’attente eschatologique.
Liens avec d'autres notions :
-
Providence :
Le futur est confié à la Providence divine.
-
Liberté :
Débat sur la compatibilité entre futur connu de Dieu et liberté humaine.
Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)
Le futur devient objet de calcul, de prévision, de projet humain. Avec le développement de la science, on cherche à prédire le futur par des lois (Laplace, déterminisme). L’idée de progrès (Lumières) donne au futur une valeur positive.
Usages et débats :
Débats sur la possibilité de prédire le futur, sur la notion de progrès, sur les limites du déterminisme.
Changements de signification :
Le futur devient domaine du projet, du progrès humain, de la prévision scientifique.
Liens avec d'autres notions :
-
Progrès :
Le futur est l’horizon du progrès selon les Lumières.
-
Déterminisme :
Le calcul scientifique prétend connaître le futur.
Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)
Le futur (français : futur ; anglais : future ; allemand : Zukunft) est interrogé dans ses dimensions philosophique, scientifique, existentielle. La physique moderne (Heisenberg, indéterminisme quantique) remet en cause la prévisibilité absolue. Les philosophies de l’histoire (Marx, Hegel) pensent le futur comme horizon de transformation. L’existentialisme (Sartre) met l’accent sur le projet et la liberté. Le futur est aussi objet d’angoisse (Heidegger) ou d’espérance.
-
Werner Heisenberg :
L’indéterminisme quantique rend le futur fondamentalement incertain.
"Ce que nous pouvons prédire, ce sont des probabilités, non des certitudes."
-
Jean-Paul Sartre :
Le futur est dimension du projet, de la liberté humaine, de l’ouverture.
"L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait."
-
Martin Heidegger :
Le rapport au futur structure l’existence humaine comme être-vers-la-mort.
"L’homme est un être pour la mort."
Usages et débats :
Débats sur la prévisibilité du futur, l’incertitude, l’angoisse, l’espérance, la prospective, le transhumanisme.
Changements de signification :
Le futur est pensé comme horizon d’ouverture, de liberté, mais aussi comme incertain, voire inquiétant.
Liens avec d'autres notions :
-
Projet :
Le futur est l’horizon du projet, de la liberté humaine.
-
Incertitude :
Le futur est fondamentalement incertain dans la science contemporaine.