foi


Antiquité

Le terme « foi » (latin : fides, grec : pistis) désigne d’abord la confiance, la fidélité, la loyauté dans les relations humaines ou envers les dieux. Dans la Grèce antique, la foi n’est pas une vertu centrale, mais la piété (eusebeia) et la confiance dans les promesses ou les serments sont importantes. Chez les Romains, la fides est une vertu civique clé, garante de la parole donnée.

  • CicĂ©ron : Il dĂ©finit la fides comme la base de la sociĂ©tĂ© et du droit.
    "La fides lie les hommes entre eux par la parole donnée."
Usages et débats : Débats sur la place de la confiance, de la fidélité dans la société et la religion.
Changements de signification : La foi passe de la confiance humaine à la foi religieuse avec l’avènement du christianisme.
Liens avec d'autres notions :
  • FidĂ©litĂ© : La foi est d’abord fidĂ©litĂ© Ă  la parole donnĂ©e.
  • Promesse : La foi est liĂ©e Ă  la confiance dans la promesse.

Moyen Âge

La foi devient une notion centrale de la théologie chrétienne. Elle désigne l’adhésion de l’esprit et du cœur aux vérités révélées par Dieu, indépendamment de la preuve rationnelle. La foi (fides) est la première des vertus théologales (foi, espérance, charité).

  • Saint Augustin : Il distingue foi naturelle (confiance humaine) et foi surnaturelle (adhĂ©sion Ă  la rĂ©vĂ©lation).
    "Croire pour comprendre, comprendre pour croire."
  • Thomas d’Aquin : Il pense la foi comme adhĂ©sion Ă  la vĂ©ritĂ© divine, acte de l’intelligence mĂ» par la volontĂ©.
    "La foi est un acte de l’intelligence qui assente à la vérité divine sur l’ordre de la volonté."
Usages et débats : Débats sur le rapport entre foi et raison, la possibilité de démontrer la foi, le rapport entre foi et œuvres.
Changements de signification : La foi devient vertu surnaturelle et relation personnelle Ă  Dieu.
Liens avec d'autres notions :
  • Raison : La foi dĂ©passe la raison mais n’est pas irrationnelle.
  • RĂ©vĂ©lation : La foi est adhĂ©sion Ă  la vĂ©ritĂ© rĂ©vĂ©lĂ©e.

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

La foi est interrogée à l’aune de la raison et de la critique philosophique. Pascal distingue foi du cœur et raison de l’esprit. Les philosophes des Lumières critiquent la foi aveugle et cherchent à la rationaliser ou à la limiter.

  • Blaise Pascal : Il oppose la foi du cĹ“ur Ă  la raison discursive.
    "Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point."
  • Voltaire : Il critique la superstition et dĂ©fend une foi raisonnable, tolĂ©rante.
    "Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer."
Usages et débats : Débats sur la foi et la raison, la tolérance, la superstition, la religion naturelle.
Changements de signification : La foi devient plus subjective, individuelle, ou critiquée comme superstition.
Liens avec d'autres notions :
  • CĹ“ur : La foi relève du cĹ“ur selon Pascal.
  • TolĂ©rance : La foi doit s’accompagner de tolĂ©rance selon la tradition des Lumières.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

La foi (français : foi ; anglais : faith ; allemand : Glaube) est analysée dans son rapport au doute, à la science, à l’existentialisme, à la pluralité religieuse. Kierkegaard pense la foi comme saut, acte existentiel. Nietzsche critique la foi religieuse comme illusion. Les débats portent sur la foi comme confiance fondamentale, engagement existentiel ou posture irrationnelle.

  • Søren Kierkegaard : Il pense la foi comme saut dans l’inconnu, acte existentiel, paradoxe.
    "La foi commence précisément là où la raison s’arrête."
  • Friedrich Nietzsche : Il critique la foi comme refus de la vie, illusion consolatrice.
    "La foi est de ne pas vouloir savoir la vérité."
  • Paul RicĹ“ur : Il analyse la foi comme confiance, rĂ©cit, hermĂ©neutique du symbole.
    "La foi est toujours interprétation."
Usages et débats : Débats sur la foi comme choix existentiel, confiance, rapport à la vérité, critique de la foi aveugle. Place de la foi dans une société pluraliste ou sécularisée.
Changements de signification : La foi devient pluraliste, individuelle, parfois détachée de la religion institutionnelle.
Liens avec d'autres notions :
  • Doute : La foi se distingue du savoir, implique parfois le doute.
  • Existence : La foi est liĂ©e Ă  l’engagement existentiel (Kierkegaard).