fin


Antiquité

Le terme « fin » (grec : telos, latin : finis) désigne à la fois le terme, le but ou l’achèvement d’une chose. Chez Aristote, la notion de fin (télos) est centrale : toute chose a une cause finale, une fin vers laquelle elle tend. La fin est ce qui donne sens et direction à l’action ou à l’être.

  • Aristote : Il distingue quatre causes, dont la cause finale (la fin ou le but pour lequel une chose existe ou agit). La fin ultime de l’être humain est le bonheur (eudaimonia).
    "La fin est ce pour quoi une chose existe, ce vers quoi elle tend."
Usages et débats : Débats sur la réalité de la cause finale : la nature a-t-elle des fins ? Les fins sont-elles humaines ou naturelles ?
Changements de signification : La fin passe du sens de simple terme ou cessation à celui de but essentiel de l’action ou de l’être.
Liens avec d'autres notions :
  • Cause finale : La fin est la cause finale dans la philosophie aristotélicienne.
  • But : La fin est ce vers quoi une action ou un être tend.

Moyen Âge

La fin est pensée à la fois comme achèvement (fin de la vie) et comme but suprême (le salut, la béatitude éternelle). La théologie chrétienne accorde une place centrale à la fin dernière (finis ultimus) de l’homme.

  • Thomas d’Aquin : Il distingue la fin prochaine (but immédiat) et la fin dernière (but suprême), qui est la vision de Dieu.
    "La béatitude éternelle est la fin dernière de l’homme."
Usages et débats : Débats sur la hiérarchie des fins, la subordination des fins immédiates à la fin ultime.
Changements de signification : La fin s’élève du but terrestre à la béatitude éternelle.
Liens avec d'autres notions :
  • Salut : La fin dernière de l’homme est le salut dans la théologie chrétienne.

Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)

La notion de fin est discutée avec la montée du mécanisme. Descartes rejette les causes finales en sciences, mais la fin subsiste comme but de l’action humaine (éthique, politique). Kant distingue entre les phénomènes soumis à des lois et ceux qui semblent avoir une finalité (jugement téléologique).

  • René Descartes : Il critique l’explication par les fins (causes finales) dans la nature, préférant les causes efficientes.
    "Je n’attribue point à la nature de fins, mais seulement des lois."
  • Immanuel Kant : Il distingue entre la causalité selon des fins (téléologie) et celle selon des lois (mécanisme).
    "La nature paraît agir comme si elle avait des fins."
Usages et débats : Débats sur la téléologie dans la nature, la finalité dans l’éthique (fin de l’homme, impératif catégorique).
Changements de signification : La fin devient plus subjective, liée à l’action ou au jugement humain.
Liens avec d'autres notions :
  • Téléologie : Doctrine de la finalité dans la nature ou l’action.

Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

La notion de fin (français : fin ; anglais : end, goal) est discutée dans la philosophie des sciences (réduction des causes finales), en éthique (la fin de l’homme, la question du sens), en politique (la fin de l’histoire, selon Hegel ou Fukuyama).

  • Friedrich Nietzsche : Il critique la croyance en des fins objectives de la vie ou de l’histoire.
    "Il n’y a pas de fins, il n’y a que des interprétations."
  • Georg Wilhelm Friedrich Hegel : Il voit dans l’histoire un processus orienté vers une fin, la réalisation de la liberté.
    "L’histoire universelle est le progrès dans la conscience de la liberté."
Usages et débats : Débats sur la fin de l’histoire, la finalité dans la nature, le sens de la vie humaine.
Changements de signification : La fin devient problématique, remise en cause, parfois remplacée par l’idée de processus ou de devenir sans but.
Liens avec d'autres notions :
  • Sens : Chercher la fin, c’est chercher le sens de l’existence ou de l’histoire.
  • Processus : La modernité préfère parfois l’idée de processus à celle de fin.