Antiquité
Le terme « esthétique » n’existe pas, mais la réflexion sur la beauté, l’art, le sensible est centrale. Platon distingue la beauté idéale (Idée du Beau) et la beauté sensible, inférieure. Aristote analyse l’art (poétique, tragédie) comme imitation (mimesis) et source de plaisir, de catharsis.
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Platon :
Il pense la beauté comme Idée transcendante, source d’élévation de l’âme.
"Le Beau en soi existe indépendamment des belles choses sensibles."
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Aristote :
Il analyse la tragédie comme source de catharsis (purification des passions) et de plaisir esthétique.
"La tragédie suscite la pitié et la crainte, et opère la purgation de ces émotions."
Usages et débats :
Débats sur la nature de la beauté (idéale ou sensible), le rôle de l’art (éducation, imitation, plaisir).
Changements de signification :
Pas d’esthétique comme discipline, mais réflexion sur l’art, la beauté, le goût.
Liens avec d'autres notions :
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Beauté :
L’esthétique porte sur la beauté et sa perception.
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Art :
L’art est l’un des objets de l’esthétique.
Âge classique (XVIIe - XVIIIe siècles)
Le terme « esthétique » apparaît (Baumgarten, 1735) pour désigner la science du sensible, du beau, du goût. La réflexion sur le jugement esthétique, le plaisir, le génie artistique, la distinction entre beau et sublime se développe (Kant, Hume, Burke).
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Alexander Baumgarten :
Il crée le mot « esthétique » comme science de la connaissance sensible.
"L’esthétique est la science de la connaissance sensible."
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Emmanuel Kant :
Il analyse le jugement esthétique comme jugement de goût, désintéressé et universalisable.
"Est beau ce qui plaît universellement sans concept." (Critique de la faculté de juger)
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David Hume :
Il réfléchit sur le goût comme faculté naturelle, mais variable selon les individus.
"Le goût est une faculté qui admet la diversité, mais aussi des critères communs."
Usages et débats :
Débats sur l’objectivité ou la subjectivité du beau, la nature du goût, la distinction entre beau et sublime.
Changements de signification :
L’esthétique devient discipline philosophique autonome.
Liens avec d'autres notions :
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Goût :
La question du goût est centrale dans l’esthétique classique.
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Sublime :
Le sublime est distingué du beau dans la réflexion esthétique.
Époque moderne et contemporaine (XIXe-XXIe siècles)
L’esthétique (français : esthétique ; anglais : aesthetics) devient une branche majeure de la philosophie. Elle englobe l’étude de l’art, du beau, du jugement esthétique, de l’expérience sensible. Hegel analyse l’histoire de l’art, Nietzsche critique la séparation art/vérité, les avant-gardes remettent en cause les critères classiques du beau.
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G.W.F. Hegel :
Il propose une philosophie de l’art comme expression de l’esprit absolu à travers l’histoire.
"L’art est la manifestation sensible de l’idée."
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Friedrich Nietzsche :
Il fait de l’art l’expression de la vie, opposée à la morale et à la vérité abstraite.
"Nous avons l’art pour ne pas mourir de la vérité."
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Theodor W. Adorno :
Il réfléchit à l’autonomie de l’art, à la critique des normes esthétiques face à la société.
"L’art est la négation de la réalité constituée."
Usages et débats :
Débats sur la définition de l’art, la place du beau, la valeur sociale et critique de l’esthétique.
Changements de signification :
L’esthétique englobe l’art, le goût, l’expérience, et s’ouvre à la sociologie, à la psychanalyse, aux sciences cognitives.
Liens avec d'autres notions :
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Expérience esthétique :
L’esthétique analyse l’expérience sensible et émotionnelle de l’art.
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Autonomie de l’art :
Débat sur l’indépendance de l’art par rapport à la morale, à la politique, à la vérité.