Antiquité
L’erreur (grec : hamartia, planè ; latin : error) désigne l’écart entre la pensée/vérité ou l’action juste et une réalité qui leur échappe. Chez Platon, l’erreur est liée à l’ignorance ; chez Aristote, elle concerne surtout l’action (faute, méprise morale ou logique). Les stoïciens la voient comme un jugement incorrect.
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Platon :
Il pense l’erreur comme ignorance du bien, du vrai.
"Nul n’est méchant volontairement."
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Aristote :
Il distingue l’erreur intellectuelle (fausse opinion) de la faute morale (mauvaise action).
"L’erreur vient de l’ignorance de ce qu’il faut faire."
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StoĂŻciens :
Ils identifient l’erreur à un mauvais jugement.
"Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, mais les jugements qu’ils portent sur les choses."
Usages et débats :
Débats sur la responsabilité de l’erreur, sur sa dimension morale ou cognitive.
Changements de signification :
L’erreur est vue comme ignorance ou faute de raisonnement.
Liens avec d'autres notions :
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Ignorance :
L’erreur procède souvent de l’ignorance.
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Vérité :
L’erreur s’oppose à la vérité.
Âge classique (XVIIe - XVIIIe siècles)
L’erreur devient un objet central dans la philosophie du doute et de la connaissance (Descartes, Locke). Elle est analysée comme défaillance de l’entendement ou précipitation de la volonté. L’erreur scientifique prend aussi de l’importance avec le progrès des sciences.
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René Descartes :
Il analyse l’erreur comme un désaccord entre l’entendement (connaissance) et la volonté (affirmation trop rapide).
"L’erreur ne vient pas de l’entendement, mais de la volonté qui juge sans savoir." (Méditations métaphysiques)
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John Locke :
Il voit l’erreur comme une mauvaise combinaison d’idées ou d’informations insuffisantes.
"L’erreur est la conséquence naturelle de l’imperfection de l’esprit humain."
Usages et débats :
Débats sur la possibilité d’éviter l’erreur, sur la méthode pour la réduire (doute, méthode scientifique).
Changements de signification :
L’erreur devient objet d’analyse méthodique, point de départ du doute.
Liens avec d'autres notions :
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Doute :
Le doute permet de reconnaître et corriger l’erreur.
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Méthode :
La méthode vise à éviter l’erreur dans la connaissance.
Époque moderne et contemporaine (XIXe-XXIe siècles)
L’erreur (français : erreur ; anglais : error) devient objet d’étude scientifique, psychologique et épistémologique. Elle est reconnue comme partie intégrante du progrès (Popper : falsifiabilité), de l’apprentissage (Piaget), et de la condition humaine.
Usages et débats :
Débats sur la place de l’erreur dans la science, l’éducation, la psychologie. Réhabilitation de l’erreur comme moment fécond.
Changements de signification :
L’erreur n’est plus seulement un défaut, mais une étape vers la connaissance.
Liens avec d'autres notions :
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Falsifiabilité :
La science progresse par la réfutation des erreurs.
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Apprentissage :
L’erreur est essentielle dans la construction des savoirs.