atome


Antiquité

Le concept d’« atome » (grec : atomos, ἄτομος, « indivisible ») apparaît avec la philosophie atomiste, fondée par Leucippe et Démocrite, puis développée par Épicure et Lucrèce. L’atome est une particule matérielle, indivisible et éternelle, constituant l’élément fondamental de toute réalité. Les atomes se meuvent dans le vide et leurs combinaisons produisent les objets sensibles.

  • DĂ©mocrite : Il affirme que tout est composĂ© d’atomes et de vide ; les diffĂ©rences de choses tiennent Ă  la forme, Ă  la disposition et Ă  la position des atomes.
    "Par convention le doux, par convention l’amer, en réalité les atomes et le vide."
  • Épicure : Il reprend la thĂ©orie atomiste, y ajoute la notion de 'clinamen' (dĂ©viation spontanĂ©e des atomes) pour expliquer la libertĂ©.
    "Rien ne naît de rien, tout vient de la rencontre des atomes dans le vide."
Usages et débats : Débats sur la divisibilité de la matière, le déterminisme, la liberté, l’explication du changement, la place du hasard (clinamen).
Changements de signification : L’atome passe du statut de principe physique indétectable à celui d’élément primordial de toute chose.
Liens avec d'autres notions :
  • Vide : L’atome n’existe qu’en mouvement dans le vide infini.
  • Clinamen : DĂ©viation spontanĂ©e des atomes permettant l’indĂ©termination.

Moyen Âge

La théorie atomiste est largement rejetée ou ignorée dans la tradition médiévale chrétienne, considérée comme matérialiste et incompatible avec la création divine. Quelques penseurs arabes ou scolastiques discutent l’atomisme, souvent pour le critiquer. L’atome peut désigner l’instant indivisible du temps (mathématique) ou la plus petite partie d’un corps, mais sans dimension physique réelle.

  • Averroès : Il critique l’atomisme des thĂ©ologiens islamistes (mutakallimĹ«n), dĂ©fendant la continuitĂ© de la matière.
    "La nature ne passe pas par sauts, mais par continuité."
Usages et débats : Débats sur la divisibilité de la matière, la création, la possibilité d’une substance ultime indivisible.
Changements de signification : L’atome n’a plus de statut physique, il devient concept limite ou mathématique.
Liens avec d'autres notions :
  • Substance : L’idĂ©e de substance première remplace celle d’atome.

Âge classique (XVIIe - XVIIIe siècles)

L’atomisme renaît avec la science moderne. Les philosophes (Gassendi, Descartes) et les savants (Boyle, Newton) redéfinissent l’atome comme particule matérielle, base de la physique corpusculaire. L’atome devient un modèle pour expliquer les propriétés de la matière, la chimie naissante et la structure du monde.

  • Pierre Gassendi : Il rĂ©habilite l’atomisme antique et l’adapte au christianisme, l’atome Ă©tant crĂ©ature de Dieu.
    "Les atomes, créés par Dieu, composent toute chose."
  • Robert Boyle : Il fonde la chimie moderne sur l’hypothèse corpusculaire, proche de l’atomisme.
    "Les corps sont formés d’une multitude de particules matérielles."
Usages et débats : Débats sur la divisibilité ultime, la nature de l’atome, sa compatibilité avec la physique, la chimie et la métaphysique.
Changements de signification : L’atome devient modèle scientifique, non plus simple hypothèse philosophique.
Liens avec d'autres notions :
  • Corpuscule : L’atome est assimilĂ© Ă  un corpuscule matĂ©riel.

Époque moderne (XIXe siècle)

Le concept d’atome se précise avec le développement de la chimie (Dalton) et de la physique. L’atome devient l’unité fondamentale de chaque élément chimique, caractérisé par un poids et des propriétés spécifiques. L’existence de l’atome est confirmée par la science expérimentale.

  • John Dalton : Il formule la thĂ©orie atomique moderne : chaque Ă©lĂ©ment est constituĂ© d’atomes identiques et indestructibles.
    "Les éléments sont composés de particules extrêmement petites appelées atomes."
  • Dmitri MendeleĂŻev : Il Ă©tablit la classification pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments fondĂ©e sur les propriĂ©tĂ©s des atomes.
    "Les propriétés des éléments sont fonction de la masse atomique."
Usages et débats : Débats sur la structure de l’atome, la réalité scientifique des entités atomiques, la nature de la matière.
Changements de signification : L’atome devient réalité expérimentale, unité de base de la chimie.
Liens avec d'autres notions :
  • MolĂ©cule : Les molĂ©cules sont des assemblages d’atomes.

Époque contemporaine (XXe-XXIe siècles)

L’atome (français : atome ; anglais : atom) est reconnu comme structure complexe, composée de particules subatomiques (protons, neutrons, électrons). La physique quantique, la chimie, la biologie moléculaire et la technologie (nucléaire, nanotechnologies) placent l’atome au cœur de la science contemporaine. L’atome n’est plus indivisible, mais constitue une étape de la division de la matière.

  • Niels Bohr : Il Ă©labore le modèle quantique de l’atome, avec des couches d’électrons.
    "L’atome est un système dynamique, obéissant aux lois de la mécanique quantique."
  • Ernest Rutherford : Il dĂ©couvre la structure nuclĂ©aire de l’atome.
    "La majeure partie de la masse de l’atome est concentrée dans le noyau."
Usages et débats : Débats sur la nature de la matière, la structure atomique, l’énergie nucléaire, la responsabilité de la science.
Changements de signification : L’atome n’est plus indivisible, mais une structure complexe, objet d’étude central pour la science.
Liens avec d'autres notions :
  • Particule subatomique : L’atome est composĂ© de particules plus petites encore.
  • Quantum : La physique quantique dĂ©crit le comportement des atomes.