Antiquité
L’étonnement (thaumazein en grec) est central dans la philosophie antique. Selon Platon et Aristote, l’étonnement est le commencement de la philosophie : il s’agit d’un trouble ou d’une surprise devant ce qui est, qui pousse à questionner le monde et à chercher des explications.
-
Platon :
Il affirme que l’étonnement est l’origine de la philosophie, car il pousse à s’interroger sur la réalité.
"C’est l’étonnement qui pousse les hommes à philosopher." (Théétète)
-
Aristote :
Il reprend l’idée que la philosophie naît de l’étonnement devant les phénomènes incompréhensibles.
"C’est par l’étonnement que les hommes commencent et ont commencé à philosopher." (Métaphysique, A, 2)
Usages et débats :
Débats sur le rôle de l’étonnement comme moteur de la recherche, sur la différence entre étonnement naïf et questionnement philosophique.
Changements de signification :
L’étonnement passe du sentiment face à l’inconnu à la première attitude philosophique.
Liens avec d'autres notions :
-
Ignorance :
L’étonnement naît de l’ignorance et conduit à la connaissance.
-
Philosophie :
L’étonnement est le point de départ du questionnement philosophique.
Âge classique et moderne
L’étonnement est vu comme une passion ou une émotion première (Descartes), un mouvement de l’âme qui suspend l’action et pousse à examiner la cause des choses.
Usages et débats :
Débats sur la valeur cognitive de l’étonnement : simple émotion ou point de départ de la réflexion ?
Changements de signification :
L’étonnement devient une passion de l’âme, liée à la curiosité et à l’attention.
Liens avec d'autres notions :
-
Passion :
L’étonnement est une des passions fondamentales selon Descartes.
-
Curiosité :
L’étonnement suscite la curiosité intellectuelle.
Époque contemporaine
L’étonnement (français : étonnement ; anglais : wonder ; allemand : Staunen) reste une notion clé pour penser l’origine du savoir, l’attitude philosophique, scientifique ou poétique face au monde. Il est parfois opposé à l’habitude ou au désenchantement.
Usages et débats :
Débats sur la capacité de l’homme moderne à s’étonner, sur la place de l’étonnement dans la science, la poésie, l’éducation.
Changements de signification :
L’étonnement est valorisé comme résistance à la routine, source de renouvellement du regard.
Liens avec d'autres notions :
-
Habitude :
L’étonnement s’oppose à l’habitude et à la routine.
-
Question :
L’étonnement engendre le questionnement.