Antiquité
L’éthique (du grec êthos, « mœurs, caractère ») désigne la réflexion sur la vie bonne, la vertu, les règles de conduite. Chez Platon et Aristote, l’éthique vise le bonheur (eudaimonia) par la pratique des vertus. Les écoles hellénistiques (stoïciens, épicuriens) proposent des éthiques du devoir ou du plaisir.
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Socrate :
Il pose la question : Comment bien vivre ? L’éthique est recherche du bien par la raison.
"Nul n’est méchant volontairement."
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Aristote :
Il fonde l’éthique sur la vertu, le juste milieu, et le bonheur comme fin de la vie humaine.
"La vertu est le juste milieu entre deux vices, l’un par excès, l’autre par défaut."
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Épicure :
Il propose une éthique du plaisir raisonné (ataraxie, absence de trouble).
"Le plaisir est le principe et la fin de la vie heureuse."
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Stoïciens (Épictète, Marc Aurèle) :
Ils prônent la vertu, la maîtrise de soi et le respect de la raison universelle.
"Ce qui dépend de nous, il faut s’y attacher ; ce qui ne dépend pas de nous, il faut l’accepter."
Usages et débats :
Débats sur la nature du bien, le rôle de la raison, la définition des vertus, le rapport entre plaisir et vertu.
Changements de signification :
L’éthique est d’abord un art de vivre, avant d’être une théorie normative.
Liens avec d'autres notions :
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Vertu :
La vertu est centrale dans l’éthique antique.
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Bonheur (eudaimonia) :
Le but de l’éthique est le bonheur ou la vie bonne.
Moyen Âge
L’éthique est intégrée à la morale chrétienne. Elle vise la conformité de l’action à la loi divine et à la raison. Thomas d’Aquin distingue lois naturelles et lois divines, et pense la vertu dans la perspective du salut.
Usages et débats :
Débats sur la source du bien, la place de la raison et de la foi, la liberté humaine.
Changements de signification :
L’éthique devient morale chrétienne, orientée vers le salut.
Liens avec d'autres notions :
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Loi naturelle :
L’éthique découle de la nature humaine voulue par Dieu.
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Vertu théologale :
Foi, espérance et charité complètent les vertus antiques.
Âge classique et moderne (XVIIe-XVIIIe siècles)
L’éthique devient réflexion rationnelle et autonome sur le bien et le devoir. Descartes, Spinoza, Kant proposent des systèmes éthiques fondés sur la raison, la liberté, la loi morale, ou la recherche de la joie.
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René Descartes :
Il cherche une morale provisoire fondée sur la raison.
"Il faut tâcher toujours plutôt à se vaincre que la fortune."
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Baruch Spinoza :
Il fonde l’éthique sur la connaissance adéquate, la joie et la liberté.
"La béatitude n’est pas la récompense de la vertu mais la vertu elle-même."
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Immanuel Kant :
Il fonde l’éthique sur la loi morale universelle, le devoir (impératif catégorique).
"Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle."
Usages et débats :
Débats sur la source de l’obligation morale, la liberté, la nature du devoir, les rapports entre bonheur et moralité.
Changements de signification :
L’éthique est séparée de la religion, devient réflexion rationnelle sur l’action.
Liens avec d'autres notions :
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Devoir :
Central chez Kant, la morale du devoir oppose l’éthique du bonheur.
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Liberté :
L’éthique moderne réfléchit le rapport entre liberté et obligation.
Époque contemporaine (XIXe-XXIe siècles)
L’éthique (français : éthique ; anglais : ethics) s’autonomise de la morale religieuse. Elle inclut l’éthique utilitariste (le plus grand bonheur pour le plus grand nombre), la philosophie morale, la réflexion sur les valeurs, le relativisme, et les éthiques appliquées (bioéthique, éthique des affaires, etc.).
Usages et débats :
Débats sur le relativisme, l’éthique appliquée, la distinction entre éthique et morale.
Changements de signification :
L’éthique devient réflexion sur les valeurs, ouverte à la pluralité des contextes (santé, environnement, technologie, etc.).
Liens avec d'autres notions :
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Utilitarisme :
L’éthique utilitariste vise le bonheur collectif.
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Responsabilité :
L’éthique contemporaine insiste sur la responsabilité envers autrui, la société, la nature.