Antiquité
Le terme « étant » n’existe pas en tant que tel, mais la question de l’être est centrale. Chez Parménide, l’Être (to on) est ce qui est, par opposition au non-être. Platon et Aristote distinguent l’être en général (l’Être) et les êtres particuliers (les étants). Aristote appelle « étant » (to on) tout ce qui possède l’être, c’est-à -dire tout ce qui existe d’une façon ou d’une autre.
Usages et débats :
Débats sur le sens du mot « être », sur la pluralité des étants par rapport à l’Être.
Changements de signification :
Du concept d’Être unique (Parménide) à la pluralité des étants (Aristote).
Liens avec d'autres notions :
-
ĂŠtre :
L’étant est ce qui a l’être, s’oppose au néant.
-
Substance :
L’étant peut être une substance particulière.
Moyen Âge
Les philosophes médiévaux (scolastiques) reprennent la distinction aristotélicienne entre l’Être et les étants (entia en latin). L’étant est tout ce qui participe à l’Être, créature ou chose créée, par opposition à l’Être divin.
Usages et débats :
Débats sur la création, sur la participation à l’Être, sur la distinction entre l’Être absolu (Dieu) et les étants créés.
Changements de signification :
L’étant devient ce qui reçoit l’Être, par opposition à l’Être pur.
Liens avec d'autres notions :
-
Création :
Les étants sont des créatures, distinctes de l’Être divin.
Époque moderne
Le terme « étant » est peu employé mais la réflexion sur l’être (Spinoza, Leibniz, Hegel) continue d’opposer l’Être absolu à la multiplicité des réalités singulières.
Usages et débats :
Débats sur la réalité de l’Être par rapport aux êtres particuliers.
Changements de signification :
L’accent est mis sur l’unité ou la diversité de l’Être.
Liens avec d'autres notions :
-
Mode :
Chez Spinoza, les étants sont des modes de la substance.
Époque contemporaine (Heidegger, phénoménologie)
Le mot « étant » prend une importance centrale avec Martin Heidegger (Être et Temps, 1927). Il distingue radicalement l’Être (Sein) et l’étant (Seiendes). L’étant, c’est tout ce qui existe, tout objet, chose, personne. Mais l’Être, c’est ce par quoi les étants sont, la condition de possibilité de leur apparition. Heidegger cherche à retrouver le sens oublié de l’Être, distinct de la somme des étants.
Usages et débats :
Débats sur la différence ontologique entre l’Être et l’étant, sur la primauté de l’Être.
Changements de signification :
L’étant devient synonyme de toute chose existante, opposé à l’Être comme question fondamentale.
Liens avec d'autres notions :
-
ĂŠtre :
Concept fondamental de la différence ontologique chez Heidegger.
-
Ontologie :
Science de l’étant en tant qu’étant.