étant


Antiquité

Le terme « étant » n’existe pas en tant que tel, mais la question de l’être est centrale. Chez Parménide, l’Être (to on) est ce qui est, par opposition au non-être. Platon et Aristote distinguent l’être en général (l’Être) et les êtres particuliers (les étants). Aristote appelle « étant » (to on) tout ce qui possède l’être, c’est-à-dire tout ce qui existe d’une façon ou d’une autre.

  • ParmĂ©nide : Affirme l’unitĂ© de l’Être : ce qui est, est ; ce qui n’est pas, n’est pas.
    "L’Être est, le non-être n’est pas."
  • Aristote : Il distingue l’être en tant qu’être (to on hĂŞi on) des Ă©tants particuliers. L’étant est tout ce qui possède une forme d’être.
    "L’être se dit de plusieurs façons."
Usages et débats : Débats sur le sens du mot « être », sur la pluralité des étants par rapport à l’Être.
Changements de signification : Du concept d’Être unique (Parménide) à la pluralité des étants (Aristote).
Liens avec d'autres notions :
  • ĂŠtre : L’étant est ce qui a l’être, s’oppose au nĂ©ant.
  • Substance : L’étant peut ĂŞtre une substance particulière.

Moyen Âge

Les philosophes médiévaux (scolastiques) reprennent la distinction aristotélicienne entre l’Être et les étants (entia en latin). L’étant est tout ce qui participe à l’Être, créature ou chose créée, par opposition à l’Être divin.

  • Thomas d’Aquin : Il distingue l’Être (ipsum esse) de l’étant (ens), tout ce qui existe hors de Dieu.
    "Tout ce qui existe, excepté Dieu, est un étant par participation."
Usages et débats : Débats sur la création, sur la participation à l’Être, sur la distinction entre l’Être absolu (Dieu) et les étants créés.
Changements de signification : L’étant devient ce qui reçoit l’Être, par opposition à l’Être pur.
Liens avec d'autres notions :
  • CrĂ©ation : Les Ă©tants sont des crĂ©atures, distinctes de l’Être divin.

Époque moderne

Le terme « étant » est peu employé mais la réflexion sur l’être (Spinoza, Leibniz, Hegel) continue d’opposer l’Être absolu à la multiplicité des réalités singulières.

  • Baruch Spinoza : Il considère Dieu comme l’Être unique, infini, dont tous les Ă©tants particuliers sont des modes.
    "Dieu, c’est-à-dire la substance constituée d’une infinité d’attributs."
Usages et débats : Débats sur la réalité de l’Être par rapport aux êtres particuliers.
Changements de signification : L’accent est mis sur l’unité ou la diversité de l’Être.
Liens avec d'autres notions :
  • Mode : Chez Spinoza, les Ă©tants sont des modes de la substance.

Époque contemporaine (Heidegger, phénoménologie)

Le mot « étant » prend une importance centrale avec Martin Heidegger (Être et Temps, 1927). Il distingue radicalement l’Être (Sein) et l’étant (Seiendes). L’étant, c’est tout ce qui existe, tout objet, chose, personne. Mais l’Être, c’est ce par quoi les étants sont, la condition de possibilité de leur apparition. Heidegger cherche à retrouver le sens oublié de l’Être, distinct de la somme des étants.

  • Martin Heidegger : Il fait de l’étant le point de dĂ©part de la question de l’Être. L’étant, c’est tout ce qui est, tandis que l’Être est la condition de possibilitĂ© de tout Ă©tant.
    "L’étant est, l’Être donne à l’étant d’être." (Être et Temps)
Usages et débats : Débats sur la différence ontologique entre l’Être et l’étant, sur la primauté de l’Être.
Changements de signification : L’étant devient synonyme de toute chose existante, opposé à l’Être comme question fondamentale.
Liens avec d'autres notions :
  • ĂŠtre : Concept fondamental de la diffĂ©rence ontologique chez Heidegger.
  • Ontologie : Science de l’étant en tant qu’étant.